Doorzoek volledige site
17 augustus 2016 | SYLVIE REVERSEZ

Inauguration imminente pour le projet Sans-souci (R2D2)

Avec le projet Sans Souci, le bureau d'architecture bruxellois offre un nouveau morceau de ville à la commune d'Ixelles. Le projet occupe une vaste parcelle de 300 m sur 100. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture
Le projet s'insère dans un tissu urbain densément bâti. Il compte 28 logements passifs, un centre de formation, un parking et des espaces extérieurs publics ouverts au reste du quartier. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture
Les matériaux employés ont fait l'objet d'un bilan environnemental. Les parements sont réalisés en mélèze et acier thermolaqué et les balcons en béton architectonique. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture
Des coursives extérieures permettent d'accéder aux logements. Celles-ci participent à l'animation de l'intérieur de l'îlot. La configuration des accès extérieurs et des logements est conçue pour préserver l'intimité des résidents. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture
La volumétrie en palier a été choisie pour maximiser les vues et l'ensoleillement des logements. Chaque appartement dispose d'un espace extérieur privatif. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture
Le projet a atteint l'objectif Nzeb 50%, conformément aux recommandations du concours Batex pour lequel il est candidat. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture
Les architectes ont organisé la parcelle pour la relier au mieux au reste du quartier grâce à la création de perspectives visuelles, à une accessibilité aisée à l'intérieur de l'îlot et l'aménagement d'espaces extérieurs publics. Illustratie | © Georges De Kinder-R2D2 Architecture

A Ixelles, les tout derniers travaux du projet Sans-souci sont achevés. Ce nouveau morceau de quartier est l’oeuvre du bureau bruxellois R2D2. Fin 2014, Architectura.be lui consacrait déjà un article, alors que le chantier battait son plein. En voici un deuxième qui tire un premier bilan en attendant l’inauguration officielle du projet prévue en septembre prochain.

Voir grand

Sans souci est un vaste projet. Tout d’abord par sa taille : il couvre l’équivalent de trois îlots de taille classique, soit une parcelle d’environ 300 m sur 100. Son programme est également ambitieux. Vingt-huit logements passifs, un espace de formation et de larges espaces extérieurs publics ont été agencés à l’intérieur d’un îlot densément bâti. Le bureau R2D2  est convaincu que la durabilité passe aussi par une appropriation des lieux par le public. Les architectes se sont donc livrés à une étude urbanistique élargie et approfondie pour lier au mieux ce nouvel espace urbain avec son environnement immédiat.

 

Concevoir et construire passif

Le projet est en cours de certification « passif » et proposé comme candidat pour le concours Batex (Bâtiments exemplaires), à l’image de nombreuses réalisations de R2D2. Entre la conception et la réalisation passive d'un bâtiment, il reste encore beaucoup de zones d’ombre et de modifications à gérer en cours de chantier. Ici, les performances de l’enveloppe du bâtiment ont fait l’objet d’un monitoring régulier grâce aux calculs et suivis PHPP. En dehors de l’amélioration de certains détails techniques, la réalisation du projet correspond à l’étude énergétique préalable. 

 

Savoir s’adapter

La seule différence notable en matière d’énergie concerne les appareils de production de chaleur. Le projet initial prévoyait l’installation d’une chaudière biomasse de type à pellets. En effet, le taux de conversion de la biomasse pour l’énergie primaire est très positif et permet d’arriver de manière simple à l’objectif 50% Nzeb (nearly zero energy building). Cependant, en cours de chantier, une publication de l’IBGE a éveillé l’attention du bureau d’architecture. Celle-ci démontrait que le remplacement des chaudières au gaz arrivant en fin de vie par des chaudières à biomasse entraînerait une augmentation considérable de la pollution. Dès lors, le concept global énergétique a été revu pour maintenir l’objectif 50% Nzeb : la chaudière à pellets est abandonnée et remplacée par une chaudière au gaz, la surface de panneaux photovoltaïques est augmentée et la grande majorité des appareils d’éclairage sont passés en Led et cela dans une stricte enveloppe budgétaire.

 

Chantier = laboratoire

Soucieux de mener à bien les objectifs de performance énergétique, les architectes de R2D2 ne rechignent pas à vivre le chantier comme un laboratoire où chacune des solutions techniques est testée, et éventuellement améliorée, avant sa mise en oeuvre. Ainsi, les différents matériaux créant l’étanchéité à l’air sont mis à l’épreuve in situ afin de garantir leur parfaite adéquation et compatibilité dans le temps. Les caissons isolés des façades ont par exemple été préfabriqués sur place. Cela a permis d’en faciliter la mise en oeuvre, tout en ayant la possibilité d’adapter les techniques aux impératifs de chantier.

 

Durabilité et matériaux

Dans la logique de la démarche Batex, la durabilité est mise en avant dans tous les secteurs touchant de près ou de loin au bâtiment. Dans ce cadre, le choix des matériaux a fait l’objet d’un bilan environnemental adapté. Le bâtiment utilise une structure dalle béton-poteau avec un remplissage de caissons isolés en bois. Le bardage en mélèze, comme l’ensemble des bois de construction, est labellisé PEFC ou similaire. La mise en oeuvre des matériaux est étudiée pour garantir leur pérennité sur le long terme. Pour aller plus loin, leur démontage et tri éventuels ont également fait partie de l’étude.

 

Faire vivre le projet

Enfin, parce que la durabilité passe aussi par l’appropriation des lieux par les usagers, une grande attention a été mise sur les scénarios de vie au sein des logements et des espaces extérieurs publics. Malgré la grande densité du bâti de la parcelle, R2Da conçu des appartements lumineux et traversants qui disposent pour la plupart d’espaces extérieurs privatifs. Leur accès se fait via des coursives extérieures qui, tout en préservant l’intimité (pas de vue directe dans les logements), stimulent les relations avec le voisinage et avec les espaces extérieurs publics. La qualité de ces derniers et leur liaisons et perspectives visuelles vers l’extérieur de l’îlot ont pour but de faire vivre durablement ce nouveau morceau de ville dans son quartier.