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28 september 2016

Crèche Hectolitre, du béton graphique au cœur de Bruxelles

Illustratie | Georges De Kinder
L’image de base de la végétation est 3,5 m de haut - la hauteur d’un étage – et 3,2 m de large – la largeur du format d’impression maximum de Graphic Concrete. Illustratie | Georges De Kinder
Illustratie | Georges De Kinder
R²D² Architecture a imaginé une « cabane dans les arbres » dans le centre de Bruxelles, en référence au monde imaginaire des enfants. Illustratie | Georges De Kinder
Illustratie | Georges De Kinder
Les panneaux sont en forme de trapèze ou de parallélogramme. Cette particularité a permis de faire coïncider les vrais joints entre panneaux de parement avec certains des faux joints. Illustratie | Democo

Depuis l’an dernier s’élève au cœur des Marolles une construction qui parle à l’imagination. La Ville de Bruxelles y a fait construire une crèche, pensée comme une cabane dans les arbres. L’archétype de l’arbre sur la façade fut réalisé en panneaux préfabriqués de béton graphique coloré dans la masse. La nature exceptionnelle de cette façade est le résultat réussi d’une collaboration fructueuse entre le bureau d’architecture R²D² Architecture, le préfabricant Decomo et les Entreprises Jacques Delens.
 

La Crèche Hectolitre dispose d’une capacité d’accueil de 66 bambins. Le plan a été conçu très flexible , suivant un nouvel objectif pédagogique choisi par la Ville de Bruxelles pour ses crèches.
Les architectes du bureau bruxellois R²D² Architecture et la Ville de Bruxelles ont partagé l’espace fonctionnel en trois sections, une chose pas inhabituelle en soi. La nouveauté est bien celle d’un système de répartition « verticale ». Les bébés et jeunes enfants ne sont pas séparés par tranche d’âge mais sont répartis de façon homogène sur les trois sections. Ainsi, les enfants de différents âges jouent ensemble, toujours en petits groupes. L’avantage est que ces petits groupes peuvent au besoin être répartis à nouveau, selon le nombre d’enfants présents ou l’accompagnement disponible. Un tel concept exige une architecture flexible. La plus grande attention y a été accordée dans le projet.

 

Structure

Le choix s’est porté sur une structure de poutres et colonnes, ainsi que sur quelques voiles en béton armé, nécessaires pour le contreventement. Les murs porteurs en périphérie (façade et mur pignon) sont réalisés en éléments de silico-calcaire, renforcés ponctuellement par du béton armé pour reprendre la façade.
Ceci a permis de libérer un maximum d’espace, pour permettre une structuration de l’espace à l’aide de cloisons légères et/ou vitrées ; ce qui rend possible une réorganisation ultérieure de l’espace intérieur.
Sur la base de ce choix de reconfiguration en fonction des besoins, le concept s’est rapidement tourné (en concertation avec le bureau d’étude en stabilité Ney & Partners) vers une ossature en béton armé. Les planchers sont réalisés en prédalles. Les escaliers sont préfabriqués en béton.

 

Arbre

Sur le plan esthétique, l’extérieur de la Crèche Hectolitre interpelle. R²D² Architecture a imaginé une « cabane dans les arbres » dans le centre de Bruxelles, en référence au monde imaginaire des enfants. De plus, le souhait était de voir visualisée une image conceptuelle et abstraite des branches et des feuilles. Un résultat sans compromis n’est possible que grâce à une collaboration étroite entre le bureau d’architecture, l’entrepreneur et le préfabricant. Ce fut certainement le cas ici. Pour atteindre le résultat obtenu, un travail important a été effectué sur le dessin, pour restituer sur la façade la vision de l’architecte de la façon la plus optimale possible.
Dès le début, R²D² Architecture pensait reprendre via la technique « Graphic Concrete » l’impression en relief d’une représentation du bois et du végétal sur l’ensemble des façades. Le dessin initial était plus dense, avait une autre échelle et l’impression remplissait toute la surface du parement. Il s’agissait de deux images « modulaires », un dessin et son miroir qui se répétaient, tout en prévoyant une rotation de 90, 180 ou 270° de ces images de base pour créer un effet non répétitif.

R²D² architecture : « Cette image ‘modulaire’ avait l’inconvénient de prévoir une impression qui remplirait l’ensemble du raccord entre panneaux, très compliqué par rapport à la continuité du dessin. Sur base de discussions avec le préfabricant Decomo, il fut convenu de le revoir pour libérer les bords de tout dessin et d’éviter ainsi des raccords entre éléments. »
Le résultat est une image ‘modulaire’ (et son miroir) pouvant être recoupée (en biais selon un angle identique) à des endroits bien précis. Les panneaux sont donc en forme de trapèze ou de parallélogramme. Ceci pour réaliser un assemblage d’images créant un effet aléatoire et non répétitif sur l’ensemble de la façade. Cette particularité (non prévue à la base) a permis de faire coïncider les vrais joints entre panneaux de parement avec certains des faux joints tout en gardant l’effet aléatoire dans l’implantation des faux joints en creux dans le parement.
La réalisation de panneaux rectangulaires (et donc de joints verticaux entre panneaux) aurait nécessité un calibrage et une exécution très (trop) précise afin de garantir une continuité des faux joints d’un panneau à l’autre. Il en aurait probablement résulté un décalage entre faux joints et donc un moins bon résultat esthétique.
R²D² Architecture : « L’image de base est maintenant de 3,5 m de haut - la hauteur d’un étage – et 3,2 m de large. Cette largeur constitue le format d’impression maximum de « Graphic Concrete ». C’est grâce à une concertation approfondie que nous sommes parvenus à ce dessin final, qui aplanit tous les obstacles esthétiques et de production, tout en tenant compte du budget. » (KDA)

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