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20 oktober 2014 | SYLVIE REVERSEZ

Un nouveau quartier durable bruxellois en construction (R2D2 / Beng)

Le projet prend place en intérieur d'îlot. Il comprend 3 volumes accueillant 28 logements et un espace de formation. L'implantation des volumes restructure l'intérieur d'îlot et le reconnecte à son quartier.
Une étude de gabarits a été réalisée. Le système de toitures-gradin employé gère le raccord entre le projet et les mitoyens existants, intègre le profil général de l'îlot et dégage de belles perspectives visuelles pour les logements.
Le projet induit un mouvement transversal à travers l'îlot. Les espaces semi-publics sont propices aux échanges entre les différentes fonctions: logements, espace de formation et les espaces récréatifs de l'école de devoirs Mosaïque XL.
A front de rue, un nouvel immeuble est construit. Le rez-de-chaussée est occupé par un atelier culinaire tandis que les étages accueillent des appartements, sous lesquels une large rampe invite le visiteur à pénétrer dans l'îlot.
Au coeur de l'îlot, le bâti existant de qualité est conservé et entre dans un dialogue avec les nouvelles constructions. Le souci de compléter et d'améliorer les qualités spatiales des lieux est bien présent dans la démarche des architectes.

A Ixelles, en intérieur d’îlot, un nouveau morceau de quartier a été conçu par le bureau d’architecture bruxellois R2D2, en association avec le bureau Beng. Il intègre le concept de durabilité à tous les niveaux de lecture pour la constitution d’un quartier à vivre «durablement».

Un programme ambitieux pour un quartier durable

Le projet s’inscrit dans le contrat de quartier durable « Spectre » et répond à la demande de la Commune d’Ixelles qui souhaite valoriser un foncier et accroître son parc de logements. Le bureau bruxellois R2D2 est chargé de la mission qui comprend plusieurs niveaux de lecture : urbanisme, création de logements, mixité et durabilité, y compris dans son caractère social. Le contexte urbanistique est particulier : le projet prend place sur plusieurs parcelles au cœur même d’un îlot de taille très importante (300m x 100m) et densément bâti. Le défi consistait à y intégrer un programme ambitieux comprenant 28 logements, un espace de formation (atelier culinaire) et l’aménagement d’un espace extérieur polyvalent de qualité, tout en maintenant l’offre de parking existante (60 emplacements).

 

Un îlot restructuré, un projet ouvert à son quartier

Une lecture approfondie de la structure de l’îlot permet aux architectes de dégager les lignes directrices à suivre. Le centre de l’îlot est dégagé d’entrepôts sans intérêt particulier afin de le désenclaver et de l’ouvrir vers l’extérieur par la création de passages et de perspectives visuelles. Le bâti existant de qualité est quant à lui pris en considération dans un dialogue avec les nouveaux volumes du projet. Ceux-ci dessinent des espaces extérieurs semi-publics et qualifiés qui découpent à bon escient l’îlot initial en invitant tout un chacun à le traverser de part en part. Les nouveaux volumes sont disposés pour induire des synergies et faciliter des échanges sociaux entre les différentes parties du projet (logements, espace de formation et espaces récréatifs de l’école de devoirs Mosaïque XL) ainsi que vers le quartier environnant (Académie des Beaux-Arts).

 

Comme une pièce de puzzle

Le projet s’implante comme une pièce de puzzle. Sur la rue sans Souci, un nouvel immeuble, accueillant l’atelier culinaire, remplace l’existant et reconstitue le front bâti de la rue. Il donne accès à l’intérieur de l’îlot par une ample rampe sous les appartements. Les autres bâtiments s’accrochent aux pignons de constructions voisines, dans un souci de compléter le bâti mitoyen existant. Les différences de niveaux de l’îlot et la volumétrie des constructions existantes sont intégrées dans l’étude des gabarits des nouveaux volumes. Ceux-ci s’harmonisent à leur jonction avec le mitoyen existant pour s’adapter ensuite au profil de l’îlot et des autres constructions existantes. Le résultat est un système de volumes en gradins, conçu pour dégager les vues des logements et propice à l’aménagement de toiture-jardin.

 

Des logements passifs et remarquables

Le standard passif est visé pour l’ensemble du bâti. Cette volonté est accompagnée d’objectifs en terme d’efficience énergétique et de développement durable qui ont guidé l’ensemble des choix architecturaux (matériaux, système constructifs, techniques,…). Les matériaux employés présentent soit une composition naturelle de base ou un label de qualité environnementale reconnu. Le parti structurel est celui d’une structure en ossature et planchers en béton, apportant de l’inertie, et de panneaux préfabriqués non portants en bois remplis en laine de verre. Les logements s’inscrivent dans une démarche de durabilité globale. Cette ambition et son caractère progressiste demandent une lecture distincte des lieux, par rapport à son environnement. Un parement en bardage bois a été choisi pour apporter une cohérence formelle nette à l’ensemble. Le bois est accompagné d’acier thermolaqué qui recouvre notamment les façades dans les zones de circulations verticales. Enfin, une grande attention a été donnée à la création d’espaces verdurisés avec la présence importantes des terrasses-jardins formant un véritable paysage vertical.

 

Une gestion de l’eau accrue

La gestion de l’eau sous toutes ses formes revêt un caractère d’une grande importance dans le développement du quartier durable Sans Souci. Le projet s’est attelé à y donner réponse à une échelle significative. Des économies d’eau potable sont réalisées par la mise en œuvre de dispositifs spécifiques sur tous les équipements techniques. Le projet prévoit également un approvisionnement alternatif avec la récupération des eaux grises pour les besoins qui demandent une qualité sanitaire moindre (WC). L’intérêt de la récupération des eaux grises après épuration est ici le bienvenu vu l’échelle du projet et sa situation. Les mesures envisagées limitent le volume d’eaux usées rejeté à l’égout et diminue la consommation d’eau potable du réseau. Un système de récolte des eaux de pluie est bien sûr présent, via des citernes. Enfin, la gestion des eaux pluviales est optimisée sur le site en minimisant le ruissellement sur la parcelle et depuis les  bâtiments, en  favorisant l’infiltration et l’évapo(transpi)ration des toitures vertes.

 

Une vision large de la durabilité

Dans le cadre du projet et de la vision de bureau d’architecture R2D2, la durabilité revêt de nombreux visages : ceux directement liés au bâtiment mais aussi ceux touchant les aspects sociaux et les comportements durables, indispensables à une durabilité globale (liens sociaux, solidarité, proximité, mobilité douce,…). La durabilité au niveau « social » se traduit par l’agencement des espaces à l’échelle du quartier, à l’échelle du projet, ainsi qu'à l'échelle des logements. Dans ce cadre, leurs circulations et distributions sont extérieures, formant un dispositif de coursives intégrant des dégagements et des espaces de rencontre. Au niveau de la construction, le projet utilise tous les vecteurs « classiques » (performances énergétiques, matériaux, systèmes constructifs, choix des techniques, gestion de l’eau,…) mais s’inscrit aussi dans une démarche par rapport à l’utilisation des lieux dans le futur. Ainsi, avec l’idée d’un mode de vie futur sans voiture, le parking imposé au programme est conçu pour en permettre la reconversion facile en espace polyvalent. Cette vision à long terme de l’usage des lieux donne une facette supplémentaire au caractère durable du projet.