Archi-militant | Respecte tes valeurs et trace ta voie quoi qu'il t'en coûte
Une entreprise de construction créée par un kiné, c'est inattendu. Ça l'est encore plus lorsqu'on apprend que l’entreprise en question figure parmi les Trends Gazelles 2026 pour la province de Hainaut quelques années seulement après sa création.
Des histoires qui ressemblent à des contes de fées, je n'en ai jamais vu passer dans le monde de la construction où tout semble toujours très formaté et conditionné par des règles arithmétiques. En découvrant le parcours de Guillaume Grawez, j'ai découvert l'exception. Ce kiné a réussi à faire de sa petite entreprise un véritable succès parmi les fans de la construction et de la rénovation en écoconstruction. Des fans qui apprécient chez Ecowez le souci du travail bien fait, le goût du dialogue avec le client et l'envie de miser sur une autre vision de la construction : celle qui ménage les ressources, préserve la santé de son occupant et impacte aussi peu que possible l'environnement. Chez Guillaume Grawez, ce goût pour l'éco-construction est venu de l'expérience vécue entre 2010 et 2013 lorsqu'il s'est lancé ce défi fou de construire sa maison de ses propres mains.
Quand j'ai dit ça, je n'ai encore rien dit. Le plus étonnant est encore à venir. Il y a peu, j'ai découvert au hasard de posts lus sur LinkedIn que l'entreprise de Guillaume Grawez a été nommée aux Trends Gazelles de 2026. Comme l'intéressé le dit lui-même, on ne doit voir nulle part chez les organisateurs du concours une volonté de flatter son égo. Ou une envie de repositionner le fameux concours organisé par l'hebdo économique pour se donner une image verte puisque la sélection des entreprises se fait à l'aune de la progression des résultats enregistrés dans les bilans des cinq dernières années. Trois critères sont pris en compte : la croissance de la valeur ajoutée, la croissance du personnel et la croissance du cash-flow. Il s'agit donc d'une sélection qui s'opère sur une logique comptable froide.
Quels enseignements puis-je retirer de cette nomination ? D'abord que chacun est susceptible de rencontrer le succès même lorsqu'on est kiné et qu'on envisage de construire des maisons, éco-construites qui plus est et après un auto-apprentissage. Le deuxième enseignement, c'est que la santé et la durabilité n'ont peut-être pas dit leur dernier mot. À l’heure où triomphent la précipitation, le prêt à jeter et la course au moins coûtant, c'est assez surprenant. Le troisième enseignement, c'est que ces valeurs contre-productives peuvent en fin de compte trouver leur place dans un concours organisé par LE magazine qui incarne sans doute le mieux dans le paysage médiatique belges les valeurs liées au libéralisme froid et cynique.
Bref, Ecowez nous donne à tous une belle leçon : respecte tes valeurs, trace ta voie quoi qu'il t'en coûte. Ça finira toujours par payer.