District Cleantech : la Wallonie accélère pour la mise en place de nouveaux modèles circulaires

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Sur le site de l’ancienne cokerie Carsid à Marchienne-au-Pont, au cœur de la Porte Ouest de Charleroi, un projet de transformation sans précédent prend vie : le District Cleantech. En reconvertissant 40 hectares de friche industrielle, Charleroi Métropole ambitionne de faire de ce lieu emblématique un levier puissant de transition écologique, économique et sociale. Porté par un partenariat entre Wallonie Entreprendre, Igretec et Sambrinvest, le projet entend affirmer Charleroi comme un acteur de référence en matière de technologies propres et d’économie circulaire.

Une triple ambition : énergie, rénovation durable et circularité

Le District Cleantech se structure autour de trois piliers stratégiques. D’abord, la transition énergétique, qui met l’accent sur le développement de solutions comme l’hydrogène vert, la capture et la valorisation du CO₂ (CCU), ainsi que la création de réseaux de chaleur. Ensuite, la rénovation durable, qui vise l’industrialisation des processus de rénovation énergétique, à travers le hors-site, la préfabrication, et l’utilisation de matériaux à faible impact. Enfin, l’approche circulaire irrigue l’ensemble du projet : valorisation des matériaux issus de la déconstruction, dépollution des sols et de l’eau, agriculture urbaine, réutilisation du bâti existant… autant de leviers pour inscrire cette reconversion dans une logique de régénération et de résilience.

 

Valoriser l’existant, réinventer l’usage

Deux bâtiments hérités du passé industriel du site jouent un rôle central dans cette reconversion circulaire. Les Vestiaires, entièrement réhabilités, accueillent désormais des espaces de travail, de formation et de collaboration, dans une logique exemplaire de rénovation durable.

La Centrale, quant à elle, entame une nouvelle vie : cette imposante structure sera transformée en centre opérationnel du campus, avec des ateliers modulaires, des zones de prototypage et des halls industriels prêts à l’emploi. Cette stratégie de réutilisation évite la démolition, réduit l’empreinte carbone des travaux, et inscrit la mémoire industrielle dans le futur du site.

 

Un coup d’accélérateur financier pour une vision à long terme

En juillet 2025, la Wallonie et l’Union européenne ont débloqué une enveloppe de 53 millions d’euros, via le Fonds pour une Transition Juste, afin de concrétiser quatre projets structurants du District.

Ce soutien massif permettra notamment la transformation de la Centrale, la création d’un centre de formation dédié aux métiers Cleantech, ainsi que le lancement d’un atelier RENOLAB, qui accompagnera les entreprises dans la rénovation hors-site et l’intégration des principes circulaires. Cette aide publique est considérée comme une étape décisive, tant pour la crédibilité du projet que pour sa mise en œuvre rapide. À terme, plus de 1 000 emplois directs devraient être créés.

 

Une dynamique collaborative et territoriale

L’ambition du District Cleantech dépasse celle d’un simple parc d’activités. Il s’agit d’un véritable campus collaboratif, pensé comme un écosystème où se rencontrent entreprises innovantes, centres de recherche, établissements de formation et pouvoirs publics. En partageant des infrastructures industrielles, des laboratoires technologiques et des plateformes de test, le District favorisera les synergies et l’industrialisation rapide des innovations issues de l’économie circulaire. La collaboration entre les acteurs permettra également de faire émerger des parcours de formation alignés sur les compétences réelles du terrain.

 

Des plateformes d’innovation pour industrialiser la circularité

Au cœur de cet écosystème, plusieurs plateformes techniques — appelées Upscaling Labs — seront déployées. Elles visent à accompagner les innovations dans leur passage à l’échelle. Le VKHyLab, par exemple, soutiendra les projets liés à l’hydrogène, tandis que le RENOLAB, opéré en partenariat avec Buildwise et Sirris, proposera des services de préfabrication, de prototypage et de formation autour de la rénovation durable. Un GreenHouse Lab explorera quant à lui le potentiel de l’agriculture urbaine, en lien avec la réutilisation des ressources locales.

Toutes ces initiatives traduisent une volonté claire : ne pas se contenter d’expérimenter, mais bien industrialiser les solutions circulaires.

 

Une intégration urbaine et énergétique cohérente

Le District Cleantech s’inscrit dans une vision territoriale plus large, portée par Charleroi Métropole. Le site sera connecté à un réseau de chaleur urbain, valorisant l’énergie fatale des industries voisines, et s’intègrera dans une trame de mobilité douce, pensée pour relier les fonctions urbaines, économiques et résidentielles. L’objectif est de créer une mixité fonctionnelle qui favorise les circuits courts, réduit les déplacements motorisés, et contribue à la neutralité carbone de la région.

 

Le District Cleantech incarne bien plus qu’un projet de reconversion industrielle. Il représente une nouvelle manière de produire, de construire et d’innover : collective, régénérative, et résolument circulaire. Grâce à une gouvernance engagée, un ancrage territorial fort et une vision cohérente de la transition, Charleroi s’affirme comme un terrain fertile pour bâtir l’économie bas carbone de demain.

Source RTBF Info | Territoire Charleroi Métropole

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