La circularité appliquée à grande échelle dans une rénovation lourde : The Arch se démarque
Après le très remarqué projet ZIN pour Befimmo (en association avec Van Laere), BPC Group remet le couvert avec une spectaculaire rénovation intégrale durable d’un immeuble de bureaux pour Cores Development, toujours dans le Nord de Bruxelles. L’entrepreneur réaffirme ainsi son rôle de pionnier dans la construction circulaire à grande échelle. Pierre Danner, Dirigeant Travaux chez BPC Group, détaille les particularités de ce chantier exemplaire.
Construit au début des années 90, l’immeuble de bureaux à rénover, d’une surface brute de ± 14 500 m² en R+11 et 2 niveaux de sous-sols, présentait notamment un rez-de-chaussée de faible hauteur, une hauteur entre étages limitée et énormément de cloisons transversales en béton armé. Face à ce constat, une solution pragmatique a été retenue, préservant 70% du gros-œuvre tout en y pratiquant un maximum d’ouvertures. Ainsi, un lobby en double hauteur a été créé au rez-de-chaussée, avec une rue intérieure reliant les façades avant et arrière, tandis que les cloisons transversales aux étages ont été ouvertes pour libérer des plateaux.
Préparation en bouwteam
La phase préparatoire a duré 4 mois, avec une gestion proactive des défis liés à la stabilité du bâtiment par BPC Group. Pierre Danner : « Le fait d’avoir la main sur la stabilité nous a permis d’être plus réactifs face aux découvertes en phase d’exécution. Plus généralement, le travail en bouwteam a été essentiel afin d’optimiser à la fois le coût et la faisabilité des interventions liées au réemploi des matériaux, comme le démontage des pierres de façade ».
Aux contraintes classiques d’une rénovation lourde – avec démolitions et reconstructions intimement imbriquées, coactivité, … – est venue en effet s’ajouter une série de contraintes propres à l’aspect durable et circulaire du projet. Ainsi, la géothermie mise en œuvre sur le projet a demandé des déconstructions assez délicates pour permettre le forage des puits au sein même de l’emprise du bâtiment.
Autre exemple : près de 10 000 m2 d’enduit à la chaux ont été appliqués dans les étages de bureaux. Pierre Danner : « Cela a impacté fortement le planning et l’organisation. Les ouvriers qualifiés pour appliquer un tel produit sont rares et l’application devait se faire le plus tard possible, l’enduit faisant office de finition ».
Déconstruction et réemploi
Portes, WC et urinoirs, pierres de façade, faux-planchers, … de très nombreux matériaux déconstruits ont été stockés hors site pour être réutilisés, intégralement ou recyclés, dans le cadre du projet. Par exemple, le lobby a eu droit à un revêtement en granito fabriqué à partir de granulats recyclés (pierre naturelle de façade et vitrage) provenant de la déconstruction.
L'équipe de construction a aussi opté pour les blocs de chanvre d'isolation Isohemp, dans les zones sanitaires. Un exemple supplémentaire de la volonté forte d’intégrer des matériaux biosourcés, naturels et performants. En plus de leur légèreté, ces blocs offrent une excellente isolation acoustique, un confort essentiel dans un bâtiment à vocation mixte. « Nous sommes très fiers d'avoir pu apporter notre pierre à l'édifice dans ce projet, mené avec une approche durable : tout a été mis en oeuvre pour préserver la structure existante, intégrer des solutions innovantes et, globalement, minimiser l’empreinte carbone », déclare-t-on chez Isohemp.
Pierre Danner : « Nous avons la chance d’avoir un client très moteur sur l’aspect durabilité, ce qui est indispensable pour concrétiser les actions au vu de leur surcoût par rapport à des applications standards. Ce projet s’inscrit parmi les réalisations les plus durables de BPC Group. Il illustre de manière exemplaire comment les ambitions environnementales d’un client privé peuvent être concrétisées de façon cohérente et financièrement maîtrisée ».
Défi relevé
Tenant compte de toutes ces contraintes – et de bien d’autres encore – le planning était serré, tablant sur un chantier d’une durée de 24 mois. Celui-ci a mobilisé une grosse équipe d’encadrement, avec 3 conducteurs et 5 techniciens. Une telle rénovation lourde nécessite en effet une coordination plus importante avec les bureaux d’études, afin de réagir rapidement en cas de surprise et ne pas paralyser les travaux. « Malgré le fait que nous ayons pu récupérer les plans as-built de l’époque, nous nous sommes vite rendu compte que ceux-ci ne correspondaient pas tout à fait à la réalité… », souligne Pierre Danner.
Avec une réception provisoire prévue fin juin, le projet a été réalisé dans le respect du délai et du budget initiaux, un véritable défi pour une rénovation lourde.
Pierre Danner conclut : « Sur un tel projet, la coordination entre les intervenants et la bonne compréhension des enjeux sont cruciales. Avec un client très ouvert pour faire avancer les choses et un architecte faisant preuve de la souplesse nécessaire pour ce genre d’intervention, cela a plutôt bien fonctionné. Je suis assez fier de ce que nous avons accompli en équipe, dans le respect du planning et du budget du client ».
Fiche technique : The Arch
- Maître d’ouvrage : Cores Development
- Architecte : B2Ai
- Entrepreneur général : BPC Group