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09 januari 2019 | JOHAN DEBIÈRE

Vincent Van Duysen : l’architecte qui sent son client

Vincent Van Duysen chez lui Illustratie | Kristoff Biscop

Vincent Van Duysen est de cette race d'architectes qui aiment sentir le client, lui apporter des belles réponses aux 1001 questions qu'il se pose vraiment. Des questions souvent épineuses, parfois posées en des termes confus, et qui traduisent en réalité la difficulté de la tâche de l'architecte  : accommoder les contigences matérielles d'un espace donné pour le rendre habitable et agréable pour la personne qui va y vivre ou y travailler des années durant. Une réflexion à l'occasion de la parution de 'Works 2009-2018', un volumineux ouvrage qui résume dix années de travail.

 

Pour Vincent Van Duysen, il n'y a pas de secret : pour réussir dans cette mission, il faut en effet se mettre à l'écoute du donneur d'ordre, se mettre littéralement à son service. Sans aucun compromis ni aucune compromission : seul doit compter l'intérêt du client. On se souvient de la formule «starchitecte» par laquelle Vincent Van Duysen pointait les architectes nombrilistes, plus préoccupés par leur aura et leur marotte (toujours tout construire en verre, tout en béton ou tout en bois). En s'attachant à travailler toujours dans la même écoute et avec le même respect de l'objet central de son travail, Vincent Van Duysen a réussi en quelque sorte à trouver le Saint Graal de l'architecture.

Cet entêtement à toujours travailler pour le bonheur d'autrui est doublé d'un autre «faiblesse» chez Vincent Van Duysen : celle d'aimer, au-delà de l'architecture, tout ce qui est beau et bon, pas dans le sens du design, mais par rapport aux émotions que l’on peut contribuer à faire naître à partir de détails tenant, par exemple, à la juxtaposition de matériaux (lire à ce sujet l’article publié par notre collègue Mathieu Nguyen en septembre 2016 à l’occasion du prix du Designer de l’année). A ce titre, Vincent Van Duysen a eu maintes fois l'occasion de dire toute l'importance de l'architecture d'intérieur. Cette architecture d'intérieur que les architectes nombrilistes sont d'ailleurs nombreux à rabaisser de manière condescendante au rang de la décoration.

L’intérêt de Van Duysen tient d’ailleurs plus d’une curiosité intellectuelle que d’une simple capacité technique à savoir coupler architecture et architecture d’intérieur. Au-delà de ces deux disciplines, l’homme est curieux de 1000 choses. Et sans doute est-ce ce qui rend cet homme si attachant à mes yeux. Les profils protéiformes ont toujours eu le don d’exercer une sorte de fascination chez moi. Tels des poètes, ils jouent avec la syntaxe et le lexique de l’architecture là où d’autres fonctionnent de manière monomaniaque, certains en tordant toujours les structures métalliques de la même façon, certains en imposant systématiquement une architecture transparence, ne laissant ainsi aucune place à l’intimité du client. Tout le contraire de l’univers de Vincent Van Duysen dont les fameux monomaniaques devraient en fin de compte s’inspirer. A ceux-ci, en ce début d’année, nous ne saurions trop leur conseiller la lecture de Works 2009-2018 un volumineux ouvrage qui résume les dix dernières années de travail de Vincent...

 

Works 2009-2018 Vincent Van Duysen, Editions Thames & Hudson, ISBN 978-0500021644

 

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