Systèmes d’accès testés sous les conditions exigeantes de l'Arctique
Comment les systèmes d’accès se comportent-ils lorsque les températures plongent bien en dessous de zéro et que les bâtiments sont littéralement faits de glace ? Cette question est au cœur d’un projet pilote mené par dormakaba à Sorrisniva, un resort situé à Alta, en Norvège, connu pour accueillir l’hôtel de glace le plus septentrional au monde.
Avec environ 15 000 visiteurs par an et des conditions climatiques extrêmement variables, le site offre un environnement d’essai particulièrement exigeant. Les enseignements tirés de ce projet visent à alimenter le développement de bâtiments plus économes en énergie et adaptés à l’usage, tant dans des zones climatiques extrêmes que dans des contextes plus tempérés.
Un environnement de test au-delà du cercle polaire
Sorrisniva se situe au-delà du cercle polaire et figure parmi les destinations norvégiennes les plus exposées aux conditions météorologiques sévères. Le resort combine des bâtiments permanents, comme l’Arctic Wilderness Lodge, et un hôtel de glace saisonnier, reconstruit chaque hiver à partir de glace et de neige. Ce contexte unique fait du site un terrain d’essai idéal, dans lequel les installations techniques sont soumises à des contraintes liées au froid, au vent et aux variations rapides de température.
Le projet pilote concerne plusieurs zones du site, dont le restaurant du lodge et le passage menant à l’entrée de l’hôtel de glace. En testant des systèmes d’accès dans des situations d’usage variées, il est possible d’évaluer leur fonctionnement dans des conditions proches de la réalité quotidienne, caractérisées par une forte fréquentation et des conditions climatiques extrêmes.
Accent sur l’efficacité énergétique et la fiabilité
L’un des objectifs principaux du projet consiste à limiter les pertes d’énergie au niveau des accès au bâtiment. Des capteurs intelligents pilotent le fonctionnement des portes automatiques en fonction des mouvements effectifs des utilisateurs, afin d’éviter des ouvertures inutiles. Cette approche permet de réduire la consommation d’énergie et de diminuer jusqu’à 50 % les émissions de CO₂, sans compromettre le confort ni l’accessibilité pour les visiteurs.
Au-delà de l’efficacité énergétique, la fiabilité constitue un autre axe central de l’étude. Dans un environnement arctique, les systèmes d’accès doivent continuer à fonctionner malgré le gel prolongé et les charges de neige. Les résultats observés dans ce contexte fournissent des indications utiles pour d’autres typologies de bâtiments soumis à des contraintes élevées, comme les plateformes logistiques, les établissements de soins ou les infrastructures publiques.
Solutions et systèmes testés
Le projet pilote intègre plusieurs technologies récentes dédiées aux systèmes d’accès. La solution MotionIQ occupe une place centrale dans le dispositif testé. Elle analyse le comportement des portes automatiques et ajuste leur fonctionnement de manière dynamique, en tenant compte des flux réels de personnes. En limitant les activations aux situations nécessaires, le système contribue à une réduction de la consommation d’énergie et des émissions de CO₂ associées. D’autres solutions complémentaires sont également testées afin d’assurer une circulation fluide et accessible des visiteurs, en tenant compte de variations importantes de fréquentation et de conditions climatiques extrêmes.
Des outils numériques font également partie du projet. EntriWorX Planner et EntriWorX Insights soutiennent la planification et le suivi des systèmes au moyen de données collectées en temps réel. ConnectorOne permet, quant à lui, de relier les différents composants à des systèmes de gestion technique du bâtiment externes, favorisant un pilotage centralisé et une gestion coordonnée des installations.
Une pertinence pour les projets de construction futurs
Si le site de Sorrisniva présente un caractère exceptionnel, la portée du projet pilote dépasse le cadre du Grand Nord. Tester des technologies dans des conditions extrêmes permet de valider plus rapidement certaines hypothèses de conception et de mieux comprendre le comportement des installations dans des situations limites.
Les enseignements tirés de cette expérience à Alta alimentent le développement de systèmes d’accès visant une meilleure efficacité énergétique, une robustesse accrue et une utilisation adaptée aux besoins des usagers. Le projet s’impose ainsi non seulement comme une expérimentation technique, mais aussi comme une référence illustrant la manière dont l’innovation peut contribuer à des bâtiments plus durables et plus performants à l’échelle mondiale.