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07 april 2015 | PHILIPPE SELKE

L'avenir du secteur immobilier selon les promoteurs : Catherine Brixy (Beliris)

Catherine Brixy Illustratie | Beliris

L’immobilier est un secteur dynamique sans cesse en évolution. Obtenir une vision claire de ce qui s’y passe n’est pas une sinécure. Nous nous y sommes pourtant risqués, en interrogeant quelques acteurs importants du secteur – promoteurs, firmes de construction clé-sur-porte, architectes, instances publiques et fabricants – sur leur vision actuelle et future du marché immobilier belge. Outre une réponse à quatre questions précises, chaque acteur formule un conseil ou une suggestion au candidat bâtisseur (ou rénovateur) particulier. Cette semaine, la parole est à Catherine Brixy, chef de projet chez Beliris.

Dans quelle mesure la construction de logements aura-t-elle évolué dans dix ans ?

Dans 10 ans, on peut envisager une conception plus intégrée du logement avec des initiatives de construction de logements directement liées à des projets de mobilité, d’espaces publics, d’espaces verts, de création de crèches ou d’infrastructures sportives… Et au–delà de la fonction sociale, c’est aussi la recherche de l’efficacité énergétique qui s’étendra. Enfin, avec les nouveaux modes d’habitat en expansion, la croissance démographique, le manque d’espace en milieu urbain et le vieillissement de la population, c’est toute la conception de projets qui sera transformée.

 

De quelle manière (en régulant ou en subsidiant) les autorités publiques doivent-elles     intervenir pour promouvoir la construction de logements durables ?

Fixer un cadre réglementaire est une première étape. L’investissement sera ensuite porteur d’innovation. Ainsi, Beliris et les autres organisations publiques invitent le secteur à tenter l’expérience du durable, encouragent les professionnels et les particuliers à oser construire et rénover autrement. Il est aussi essentiel d’informer et de promouvoir un cadre abordable pour les candidats bâtisseurs. Soucieux de s’inscrire comme acteur direct du changement, Beliris devient enfin plus exigeant lors de la sélection des architectes avec un système de cotation en 9 points qui témoigne de notre engagement dans la durabilité.

 

Pourquoi l’obligation de construire passif est-elle une bonne ou une mauvaise idée ?

Construire passif, c’est avant tout réduire son empreinte écologique. Une bonne idée donc. Ce qui importe, c’est la mise en œuvre de ces obligations. De là, la nécessité de guider les auteurs de projets via des guichets d’information et des formations telles que celles dispensées par Bruxelles-Environnement. À ne pas négliger non plus, l’accompagnement des utilisateurs. Dorénavant, nous demandons aux architectes de concevoir une notice d’utilisation du logement qui sera transmise aux propriétaires et locataires du logement afin de maximiser les fonctionnalités du logement basse énergie ou passif.

 

Quel projet architectural récent a été un coup dans le mille et pourquoi ?

Au printemps dernier, Beliris entamait la reconstruction passive des logements sociaux Musin à Saint-Josse-ten-Noode. Les objectifs sont multiples: créer des surfaces de vie confortables, offrir des appartements de qualité au niveau acoustique et isolation thermique, garantir des installations de chauffage, de plomberie et d’électricité performantes, créer des espaces communs agréables… et tout ça à deux pas du Jardin Botanique dans un quartier dense - un véritable défi pour un architecte ! À terme, la commune bénéficiera de 41 logements passifs neufs pour un surcoût de 5% par rapport à une rénovation, un montant tout à fait acceptable pour un projet de cette ampleur.

 

Quel conseil pratique donneriez-vous au bâtisseur (ou rénovateur) particulier ?

Faire un audit énergétique, se munir du certificat PEB, réaliser un audit thermique, prendre un architecte spécialisé dans le passif, trouver un bon entrepreneur, se renseigner auprès des antennes d’information de Bruxelles-Environnement… voilà une série de conseils pratiques à donner aux particuliers. Le surcoût du passif ne doit pas freiner les particuliers dans leurs projets. Les économies peuvent se faire au niveau des finitions intérieures. Mais sans chercher à faire du passif bas de gamme, la qualité du gros-œuvre et de l’enveloppe du bâtiment est primordiale.

 

Note : Cet article est paru précédemment dans le supplément immobilier du Vif - L'Express.