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06 mei 2015

L'avenir du secteur immobilier selon les fabricants : Bert Geerinckx (Reynaers Aluminium)

Illustratie | Youtube.com

L’immobilier est un secteur dynamique sans cesse en évolution. Obtenir une vision claire de ce qui s’y passe n’est pas une sinécure. Nous nous y sommes pourtant risqués, en interrogeant quelques acteurs importants du secteur – promoteurs, firmes de construction clé-sur-porte, architectes, instances publiques et fabricants – sur leur vision actuelle et future du marché immobilier belge. Outre une réponse à quatre questions précises, chaque acteur formule un conseil ou une suggestion au candidat bâtisseur (ou rénovateur) particulier. Cette semaine : Bert Geerinckx, General Manager de Reynaers Aluminium.

Dans quelle mesure la construction de logements aura-t-elle évolué dans dix ans ?

Le vieillissement de la population et le manque d’espace vont impacter davantage la construction résidentielle. Les zones d’habitat vont se densifier et les centres-villes revivre et se développer. De nouveaux concepts comme l’habitat intergénérationnel de type ‘kangourou’ et le cohousing continueront à se développer en prenant de l’importance, permettant à plusieurs familles ou habitants de partager des équipements communs. Dans ce contexte, l'adaptabilité et la flexibilité des bâtiments gagneront en importance, puisqu’il s’agira d’être adapté à chaque phase de la vie avec ses besoins spécifiques.

 

De quelle manière (en régulant ou en subsidiant) les autorités publiques doivent-elles intervenir pour promouvoir la construction de logements durables ?

Construire ou rénover avec des matériaux durables et peu énergivores entraîne un investissement élevé dès le début du projet. Le retour financier s’étale quant à lui sur de nombreuses années. Cela pèse sur le budget, surtout pour les jeunes ménages. De ce fait, ce ne sont pas toujours les meilleurs choix qui sont faits pour la construction. C’est là un problème que les autorités doivent prendre en compte, en prévoyant un soutien financier afin de rendre accessibles financièrement les politiques et réglementations en matière de construction durable.

 

Pourquoi l’obligation de construire passif est-elle une bonne ou une mauvaise idée ?

Construire en économisant l’énergie est l’avenir et peut se faire de différentes façons. La construction passive est l'un d'eux et se centre sur l’utilisation de technologies très spécifiques. Celles-ci n’offrent pourtant pas de solution optimale dans tous les cas. De plus, la construction peu énergivore et donc la construction passive ne sont qu’une partie de la construction durable, et des alternatives existent. Un libre choix est important. Se focaliser uniquement sur le passif serait mettre un frein aux développements futurs et nouvelles technologies. Imposer la construction passive n’est donc pas une bonne idée.

 

Quel projet architectural récent a été un coup dans le mille et pourquoi ?

Le plus grand défi que doivent relever le secteur et la société consiste à rendre le patrimoine bâti actuel plus performant en termes de consommation d’énergie, confort, accessibilité et autres attentes d’aujourd’hui. C’est pourquoi je suis surtout impressionné par les nombreux projets-pilotes, petits et grands, qui intègrent des solutions constructives actuelles dans un bâtiment existant. Ceux-ci exigent en effet un niveau élevé de sur-mesure, tant sur le plan architectural que technique.

 

Quel conseil pratique donneriez-vous au bâtisseur (ou rénovateur) particulier ?

Une construction durable commence par un projet bien réfléchi : situation, forme, choix de matériaux, méthode de construction, … Mais même avec une bonne préparation et un planning bien pensé, c’est la réalisation du projet de construction qui détermine en grande partie la performance réelle et la durabilité. C’est pourquoi il faut toujours faire appel à un professionnel !

 

Note : Cet article est paru précédemment dans le supplément immobilier du Vif L'Express.