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06 mei 2015 | PHILIPPE SELKE

L'avenir du secteur immobilier selon les fabricants : Katrien Nottebaert (Wienerberger)

Illustratie | Youtube.com

L’immobilier est un secteur dynamique sans cesse en évolution. Obtenir une vision claire de ce qui s’y passe n’est pas une sinécure. Nous nous y sommes pourtant risqués, en interrogeant quelques acteurs importants du secteur – promoteurs, firmes de construction clé-sur-porte, architectes, instances publiques et fabricants – sur leur vision actuelle et future du marché immobilier belge. Outre une réponse à quatre questions précises, chaque acteur formule un conseil ou une suggestion au candidat bâtisseur (ou rénovateur) particulier. Cette semaine : Katrien Nottebaert, Directrice marketing chez Wienerberger.

Dans quelle mesure la construction de logements aura-t-elle évolué dans dix ans ? 

L’accent se déplace davantage sur la durabilité. Après s’être centrée sur l’énergie, l’attention se porte désormais sur une approche durable globale, dans laquelle beaucoup plus d’aspects doivent être pris en compte, comme la gestion de l’eau sur le site et dans les bâtiments, le confort thermique et acoustique, l’utilisation de matériaux naturels recyclables ayant une longue durée de vie, etc. Parallèlement se mettent en place des économies d’échelle menant à un environnement écologique, social et économique idéal, dans lequel qualité de vie et confort domestique sont des notions centrales.

 

De quelle manière (en régulant ou en subsidiant) les autorités publiques doivent-elles intervenir pour promouvoir la construction de logements durables ?

C’est un mélange intelligent de mesures qu’il faut viser. Je pense par exemple à un taux de TVA abaissé pour la construction neuve durable. Plus performante et meilleur marché, telle doit être l’approche collective réfléchie pour l’énergie, les espaces verts et la gestion de l’eau et des déchets. Le financement doit être prévu sur le long terme, en donc pas sur le coût de l’investissement initial. Pour la production d’énergie renouvelable, des possibilités de participation sont recommandées.

 

Pourquoi l’obligation de construire passif est-elle une bonne ou une mauvaise idée ?

Tout d’abord, il est important de prévoir une bonne enveloppe extérieure, que l’on isolera comme pour une habitation passive. Il faut se concentrer sur des constructions compactes, entre autres en optant pour une toiture inclinée. Par ailleurs, il faut construire étanche à l’air, même sans atteindre la norme passive. De plus, je pense à l’utilisation de matériaux massifs qui, sans autre artifice, rendent possible un excellent climat intérieur et un bon confort.

 

Quel projet architectural récent a été un coup dans le mille et pourquoi ?

Le Duurzame Wijk (quartier durable) à Waregem est un projet-pilote qui démontre que l’on peut réaliser à grande échelle la durabilité sous tous ces aspects. Le Duurzame Wijk illustre comment écologie, mobilité, confort, accessibilité financière et valeur marchande peuvent être mis en pratique dès maintenant, à l’aide de techniques et solutions connues.

 

Quel conseil pratique donneriez-vous au bâtisseur (ou rénovateur) particulier ?

Pensez à demain dès aujourd’hui. Regardez au-delà des normes actuelles, car ainsi votre habitation gardera sa valeur au fil des ans. Choisissez en concertation avec votre architecte un projet compact et bien pensé possédant une excellente enveloppe et une résistance intrinsèque contre la surchauffe. Et ne cherchez pas midi à quatorze heures. Optez pour des matériaux traditionnels, durables et faciles d’entretien.

 

Note : Cet article est paru précédemment dans le supplément immobilier du Vif L'Express.