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10 september 2018 | SANDRINE BONMARIAGE

Une bibliothèque et deux logements au coeur du village de Blanmont

Illustratie | Pedro Correa/Marcel Van Coile
Illustratie | Pedro Correa/Marcel Van Coile
Illustratie | Pedro Correa/Marcel Van Coile
Illustratie | Pedro Correa/Marcel Van Coile
Illustratie | Pedro Correa/Marcel Van Coile
Illustratie | Pedro Correa/Marcel Van Coile

Installée depuis de nombreuses années dans un pavillon récupéré de l’expo 58, la bibliothèque ne répondait plus aux attentes actuelles en termes de capacité d’accueil, préservation des ouvrages et confort d’utilisation. La paroisse désirait se doter d’un outil aux standards actuels, en revisitant son intégration urbanistique et paysagère au sein du village. A ce programme de bibliothèque est venue s’adjoindre la mise en place de deux appartements idéalement situés en cœur de village et jouissant d’un site arboré remarquable. La réalisation du projet a été confiée à l’Atelier d’architecture Mathen.

Approche patrimoniale

Le bâtiment de la cure, le bâtiment accueillant le catéchisme et le mur d’enceinte à rue, caractéristique des constructions villageoises, inscrivent le projet dans une relation patrimoniale d’un point de vue respect des bâtiments existants mais également reconnaissance de ces qualités d’intégration urbanistique au cœur de village. Tant par l’implantation, le sens de faîtage que le respect de la hauteur de corniche du bâtiment existant auquel le projet vient se relier, le bâtiment proposé travaille sur base d’un respect de la prédominance de la cure et s’exprime comme étant une « extension » du bâtiment annexe. Le point de départ a ainsi été de rendre le gabarit de la nouvelle construction similaire à celui du bâtiment annexe, d’utiliser un revêtement de façade et pignon similaire à la toiture et aux pignons de la cure ainsi que de requalifier la zone de recul située entre le mur à rue et la nouvelle construction.

Approche paysagère 

Le site, bordé de plantations diverses et bordant un bosquet descendant vers le ry, est retravaillé de manière discrète en maintenant le seul arbre remarquable situé côté voirie et s’en servant comme pivot d’implantation et de mise en place des circulations piétonnes et automobiles. L’écran végétal existant le long du solde de la parcelle est quant à lui maintenu pour ne pas modifier le rapport visuel lointain dont jouissent les riverains et marquant d’une forte présence végétale l’ensemble des alentours. Pour le solde de la parcelle, le terrain est maintenu en espace vert collectif. La zone de recul entre le bâtiment et la place est quant à lui requalifié en jardinet bordé de haies autochtones venant clarifier les différents espaces de circulation et laissant une appropriation possible par les utilisateurs du bâtiment.

Approche urbanistique

La préoccupation première des architectes concerne la mise en accord avec le cadre bâti et non bâti. Particulièrement attentifs à l’intégration du projet dans le tissu urbain et social, l’approche urbanistique et la gestion des abords sont prises en compte pour permettre à la bibliothèque d’avoir son indépendance de fonctionnement avec un accès aisé depuis l’espace public et proposer un cadre de vie plus que des logements, le tout dans un budget tenu. Dans cette optique, la gestion des sols est primordiale tant du point de vue des superficies de terrain disponibles que dans la qualité d’aménagement de celles-ci en regard du site, des constructions voisines et de leurs rapports mutuels. Le travail sur la volumétrie, le rapport avec la voirie, la prise en compte de l’arbre remarquable,… sont autant d’éléments soutenant l’intégration urbanistique qualitative du projet proposé dans son contexte bâti et non bâti.

Approche architecturale

Dans ce projet, L’intégration au contexte historique, social et sociétal est primordiale. Les architectes ont cherché à intégrer la nouvelle construction pour qu’elle paraisse être une grange ou un ancien bâtiment rural habilement réaffecté. Pour cela, l’implantation, le gabarit, l’expression volumétrique et les matières cherchent à tisser lien avec l’existant dans un respect de celui-ci. Après avoir quelque peu « institutionnalisé » la façade avant, le travail architectural sur la façade arrière s’est voulu plus « privé ». Le traitement du pignon quant à lui, met en relation forte la zone de recul et la bibliothèque par le passage couvert qui s’exprime sur le pignon pour articuler le cheminement piéton, l’arbre remarquable et les relations souhaitées par la bibliothèque avec le cœur du village.