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18 augustus 2020 | FILIP VAN DER ELST

L’avenir du climat intérieur : smart buildings et circularité

Illustratie | © Pxhere

Les évolutions technologies dans le secteur de la construction ne s’arrêtent pas. En matière de climat intérieur également, de nouvelles notions font leur apparition. ‘Smart buildings’ est l’une des tendances les plus importantes, selon les participants à la table ronde virtuelle organisée par architectura.be sur le thème du climat intérieur. Même si on fait encore très peu avec les données collectées.

 

Thomas Bockelandt (boydens engineering) : « Mesurer davantage, c’est savoir plus et cela résulte en un réglage optimisé, et par conséquent en un meilleur climat intérieur et un confort supérieur. En travaillant avec plus de capteurs, il est possible d’intervenir individuellement pour améliorer le niveau de confort. De plus, la collecte massive de données permet de chiffrer combien l’utilisateur peut économiser. »

 

L’intelligence derrière les données

Pourtant, un certain scepticisme est présent, comme chez Geert Bellens (METIZ). « L’internet des objets et les ‘smart buildings’ sont des mots qui font le buzz, mais dans la pratique nous remarquons qu’un tel bâtiment n’est pas vraiment smart, ou très peu. De nombreux bâtiments tertiaires ont un système de gestion qui collecte des données, mais celles-ci ne sont pas toujours utilisées (à bon escient). De très nombreuses installations ne fonctionnent pas de manière optimale, même si des masses de données sont disponibles. Ce n’est que quand la collecte de données mène à la prise de décisions logiques que le bâtiment peut être qualifié de smart. C’est donc l’intelligence derrière les données qui prime. »

Liesbeth Reekmans (IDEWE) pense la même chose : « Il est important que nous sachions ce qui se passe dans un bâtiment, que l’information issue des capteurs soit davantage utilisée et que les résultats puissent remonter jusqu’aux utilisateurs. On a besoin d’une prise de conscience collective plus élevée quant à l’impact d’un bon climat intérieur sur la santé des gens. »

« Une volonté que nous partageons totalement chez Duco », confirme Dirk Slagmulder (Duco). « Les composantes ‘intelligentes’ au sein des systèmes de ventilation sont porteuses de beaucoup d’informations qui sont exploitées au maximum pour garantir un climat intérieur agréable. »

« Il ne faut pas surestimer l’importance des smart buildings », réagit Steven Schreurs (Marge Architecten). « En tant qu’architectes, nous constatons que des solutions de domotique très simples ne sont même pas encore d’application dans la plupart des projets résidentiels.  Il faudra encore beaucoup de temps avant que la plus grande partie de nos bâtiments soit gérée de la sorte. Pour les plus petits projets, ce n’est certainement pas notre préoccupation principale en tant qu’architectes. Il n’est pas facile de s’y retrouver parmi toutes les possibilités, car de nombreux fabricants utilisent leurs propres système et terminologie. »

 

Notion fourre-tout

« ‘Smart buildings’ est aussi une notion fourre-tout, mais le concept peut grandir », pour Lieven Verstaen (Daikin). « La valeur ajoutée n’apparaîtra que lorsque différentes technologies collaboreront de manière optimale. Il n’est par exemple pas opportun de faire tourner la climatisation à pleine puissance si la protection solaire n’est pas activée. Dans le secteur tertiaire en particulier, il y a encore beaucoup à faire dans le domaine. »

Selon Marc Achten (Vasco), l’évolution des smart buildings va se poursuivre. « Au plus on travaillera avec du chauffage basse température, au plus ce sera utile. De tels systèmes de chauffage réagissent en effet lentement, et il faut donc agir suffisamment en amont, grâce à une connaissance détaillée du bâtiment. Le monitoring est donc particulièrement important. »

 

Product as a service

Autre tendance : la circularité. Dans de nombreux secteurs, la notion de ‘product as a service’ fait son chemin, mais qu’en est-il dans le petit monde du climat intérieur ? « Product as a service va se développer d’abord dans d’autres secteurs, comme l’électricité et l’éclairage », suppose Joris Cox (Tarkett). « On avance prudemment, mais cela reste encore compliqué dans le secteur privé. »

Geert Bellens (METIZ) rejoint cette opinion. « Offrir un climat intérieur sain comme un service alors qu’il faut tenir compte de plein de facteurs extérieurs, me paraît difficile. Le climat intérieur n’est pas la propriété exclusive du secteur HVAC, l’enveloppe du bâtiment et la protection solaire jouant par exemple aussi un rôle important. Une approche intégrée est requise. »

Walter Dox (DOX Acoustics) : « Nous avons franchi avec succès les premières étapes vers une ‘acoustics as a service’. Si un espace change de fonction, l’acoustique est adaptée à la nouvelle situation. A la fin du contrat, le client a le choix entre acquérir ou restituer les produits. Ceux-ci sont alors, le cas échéant après adaptations, remis sur le marché, ce qui ferme la boucle de la circularité. »  

 

Qui garantit la performance ?

« Nous remarquons pourtant qu’aux Pays-Bas de nombreuses entreprises proposent le chauffage en tant que service », relève Steven Poncelet (Renson).  « On peut y prendre en leasing des chaudières murales au gaz, et l’entretien est compris. Même des garanties de performance relatives au climat intérieur apparaissent sur le marché, aussi bien pour les bâtiments résidentiels que tertiaires. Des facteurs liés à la réglementation viennent cependant compliquer les choses. La ‘ventilation as a service’ n’est pas évidente non plus : pour pouvoir garantir les performances, il faut que l’enveloppe du bâtiment soit adaptée, mais qui va alors garantir les performances ? Seul un promoteur défendant une approche intégrée pourrait éventuellement le faire, pas une société isolée. »

Lieven Verstaen (Daikin) voir également plusieurs obstacles : « Nos appareils sont fixés au bâtiment. Légalement, il est difficile de faire entrer cela dans une formule de leasing. Mais surtout : il est difficile de savoir à l’avance quel niveau de confort le client final souhaite. Nous pouvons certes nous concerter avec le propriétaire ou le gestionnaire du bâtiment, mais l’utilisateur final demeure la grande inconnue. »

 

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