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19 januari 2021 | MICHEL CHARLIER

Delva-Les Pierreries, pièce maîtresse d’un réaménagement urbain

Illustratie | Una|a
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Avec le projet Delva-Les Pierreries, Antonissen Development Group, Democo et les architectes de Urban Nation Architects & Associates (Una|a) proposent un épilogue à la revitalisation de friches industrielles dans le nord de Bruxelles.

 

Le projet Delva-Les Pierreries complète la reconversion d’un ancien îlot industriel du nord de Bruxelles en un ensemble résidentiel plus urbain. Parmi les principaux vestiges industriels présents dans l’îlot figurent un gazomètre, les Etablissements Fourcroy (spiritueux et vin), le fabricant de machines industrielles Stork Frères & Co, et un grand atelier de tailleur de pierres.

Début de la reconversion

Occupant la moitié ouest de l’îlot, le gazomètre a été le premier des sites à être converti. Mis à part quelques bâtiments patrimoniaux qui ont été transformés en appartements, la plupart des anciennes structures industrielles ont été démolies au début des années '70 pour céder la place à un grand complexe de logements de style international. Quatre décennies plus tard, la reconversion du côté est de l’îlot a été initiée. En 2012, les anciens bureaux de l’entreprise Stork Frères ont été transformés en lofts, tandis que leur entrepôt a été remplacé par un petit immeuble résidentiel et une épicerie. En 2005, les bâtiments des Etablissements Fourcroy avaient été démolis et un projet mixte, dénommé ‘Hippodrome’, comprenant environ 400 appartements, une maison de retraite, une petite garderie et quelques commerces débutait.

« Notre champ d’action - l’ancien atelier de tailleur de pierres, abandonné depuis des années - était la pièce manquante de ce réaménagement urbain », explique-t-on chez UNAA. « Situé à l’intersection de la rue Emile Delva et d’une toute nouvelle rue créée dans le cadre du projet ‘Hippodrome’, notre projet fait face aux façades classées d’un complexe d’appartements du Foyer Laekenois, un bel immeuble Art Déco conçu au début des années 1920 par des architectes de renom, dont Joseph Diongre, Adolphe Puissant, Paul Bonduelle et Jean-Baptiste Dewin. »

Combiner rue animée avec plaisir de vivre et respect du quartier

« Conçu selon une configuration en L, le long des deux rues, notre projet contribue à la restauration d’une structure urbaine claire et cohérente dans un quartier du début du XXe siècle, principalement caractérisé par des îlots fermés », continuent les architectes. « Opter pour une morphologie urbaine déjà éprouvée et non invasive - construire en bordure d’îlot - nous a semblé être la manière la plus judicieuse de clôturer une décennie de réaménagement urbain. »

Le projet se compose de 82 appartements ainsi que des espaces professionnels situés au rez-de-chaussée. Chaque noyau vertical dispose à la fois d’une entrée côté rue et d’une entrée côté jardin afin d’encourager l’utilisation du jardin partagé. Au niveau de la rue Delva, une grande ouverture sert d’entrée principale au complexe tout en permettant aux passants d’avoir un contact visuel vers le jardin depuis l’espace public. L’espace d’entrée est encadré par deux abris à vélos, facilement accessibles, afin de favoriser l’utilisation de modes de transport doux par les résidents.

« Des reculs et percées au niveau des élévations ainsi que diverses variations volumétriques contribuent à créer un rythme dynamique le long des 140 m des nouvelles façades. Bien que la plupart des salons, terrasses et balcons soient tournés vers le cœur de l’îlot, espace calme et ensoleillé, des terrasses et balcons sont également prévus du côté de la rue Delva. Quant aux matériaux proposés, ils sont sobres et contemporains, et dialoguent parfaitement avec l’architecture des bâtiments classés situés de l’autre côté de la rue. »

Un jardin partagé unique au cœur d’un tissu urbain dense

Avec ses 3 000 m², le jardin est aussi grand qu’un petit parc urbain. Ses dimensions en font un endroit tout à fait particulier au cœur d’un tissu urbain assez dense. Une ‘rue principale’, située le long du bâtiment, permettra d’accéder au jardin. Des arbustes luxuriants sont garants de l’intimité des terrasses des appartements du rez-de-chaussée.

Une noue paysagère recueille l’eau de pluie sur le site et permet une infiltration de l’eau au cœur du site. Cette noue est aménagée avec des plantes résistantes en milieu humide et traversée par de petites plateformes en bois donnant accès à un chemin piétonnier. 

Prendre soin de la mémoire avec circularité

« Bien que les constructions préexistantes n’aient pas d’intérêt historique particulier, en collaboration avec les autorités locales, une attention particulière a été accordée à la mémoire du site. Comme témoin de l’histoire du site, les imposants blocs de pierre, abandonnés lorsque le dernier tailleur a cessé ses activités, ont par exemple été récupérés et intégrés dans l’aménagement paysager du jardin. D’autres ont été retravaillés ou concassés pour former la fondation des sentiers et les bordures. De même, les restes de dalles de pierre sont coupés et utilisés comme trottoirs et bordures. »

D’autres artefacts représentatifs de l’ancienne activité du site sont préservés hors du site. Certains éléments ont été donnés à La Fonderie (association et musée consacré à la riche histoire industrielle de la Région bruxelloise).

Enfin, trop imposant pour être intégré dans le jardin, le pont roulant, de loin le vestige le plus impressionnant de la gloire industrielle passée du site, est exposé depuis quelques mois dans le parc de la Verbeke Foundation, une fondation privée en faveur de l’art contemporain située en Flandre-Orientale.