Archi-militant | Pas d'argent, pas de DNSH!

Le principe de la construction qui n'impacte pas l'environnement est un principe que tout le monde connaît désormais. Le concept du DNSH (Dot Not Significant Harm) -dont les exigences sont pourtant plus "basiques" dans la mesure où il s'agit ici "seulement" de ne pas porter atteinte à l'environnement- figurent en revanche parmi les acronymes dont pas grand monde ne connaît encore l'existence.

En février dernier, à l'occasion d'un webinaire organisé par Embuild, le SPF Environnement a eu l'occasion d'expliquer de A à Z les fondamentaux de cette démarche DNSH à un public assez restreint: 50 personnes seulement assistaient en ligne à cette présentation. Une plus vaste campagne d'information aurait assurément été utile, car pour répondre à un appel d'offres qui respecte les critères d'éligibilité aux nombreux fonds européens accessibles pour une Europe plus verte et plus résiliente (le fameux plan pour la Relance et la Résilience des Etats membres), il faut désormais montrer patte blanche à propos de ce fameux DNSH.

 

Oui, mais ce n'est pas tout. Au-delà de ce manque flagrant de visibilité, comme l'a indiqué à juste titre l'ingénieur Pascal Simoens du bureau Poly-Tech à l'occasion de ce webinaire, peu de pouvoirs adjudicateurs sont au courant de toutes les implications liées à l'application de ce concept de DNSH. Surtout, les pouvoirs adjudicataires ignorent ou feignent d'ignorer que cela entraîne un surcroît de travail. Or, il est essentiel que les bureaux d'architectes répercutent ce coût dans leurs honoraires. Pas pour leur permettre de rouler dans de grosses berlines ou de siroter des cocktails à la terrasse d’établissements huppés au Zoute, mais pour pouvoir simplement s'assurer de préparer jusque dans les moindres détails la réponse à l'appel à projet. En effet, en cas de manquement, l'Europe pourrait décider de suspendre l'octroi du ou des subsides. Et dans ce cas de figure, ce n'est pas l'adjudicataire qui serait impacté, mais... le bureau d'architectes. En cas de manquement constaté, celui-ci serait en effet tenu de rembourser les enveloppes de subsides qui auraient déjà été délivrées.

 

Avouez que voir une Europe aussi tatillonne avec des considérations techniques parfois infimes, ça fait un peu "deux poids, deux mesures" lorsqu'on voit la facilité avec laquelle elle se plie pour accepter les manquements fondamentaux constatés en Pologne, et surtout en Hongrie pour y débloquer les subsides demandés par ces deux Etats membres un peu turbulents, mais bon, c'est un autre débat. En tout état de cause, et ce sera la fin mot de mon billet, ce sont les pouvoirs adjudicataires qui ont désormais la responsabilité de se mettre à la page. Et d’enfin mettre leurs enveloppes budgétaires en cohérence avec les exigences financières résultant de l’application de ce fameux DNSH.

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