Bruxelles achète l'hôtel Art nouveau van Eetvelde

La Région bruxelloise a annoncé lundi avoir acquis, avec le soutien de Beliris, le bureau van Eeetvelde, lequel constitue, avec l'hôtel du même nom, un ensemble emblématique de l'Art Nouveau.

L'hôtel van Eetvelde a été inscrit, au même titre que trois autres biens de Victor Horta -la maison Horta; l'hôtel Tassel et l'hôtel Solvay-, sur la Liste du patrimoine mondial de l'Unesco en 2000.

L'achat du bureau van Eetvelde constitue une première étape en vue du développement d'un centre d'interprétation Art Nouveau dans le contexte de l'Année de l'Art Nouveau à Bruxelles, programmée pour 2023.
Le Réseau Art Nouveau Network (RANN) s'y installera au cours des prochaines semaines.

Beliris a mis la main au portefeuille dans l'opération à hauteur de 2 millions d'euros. Selon la ministre fédérale en charge de Beliris, Karine Lalieux (PS), ce Fonds fédéral mettra par ailleurs quelque 1,5 million d'euros à disposition pour restaurer l'immeuble.

En s'ouvrant bientôt au public, le bureau van Eetvelde deviendra, après l'hôtel Solvay, la maison Cauchie et l'hôtel Hannon, une des pierres angulaires de la stratégie de rayonnement de Bruxelles grâce au patrimoine Art-Nouveau, ont annoncé lundi le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS); le secrétaire d'Etat bruxellois en charge du Patrimoine, Pascal Smet (One.brussels-Vooruit) et Mme Lalieux.

Le secrétaire d'Etat Pascal Smet ambitionne par ailleurs de relier le bureau et l'hôtel, mais cela prendra du temps, a-t-il concédé au cours d'une conférence de presse des trois mandataires bruxellois.

Une des réalisations les plus abouties de Victor Horta

Mis en vente en 2020, le bureau Van Eetvelde, situé au square Ambiorix, était jusqu'en juillet dernier propriété de la Chambre de commerce de la Croatie. Depuis mi-juillet 2022, la Région bruxelloise est officiellement propriétaire de l'édifice dans un quartier qui compte de nombreux immeubles remarquables, a souligné Rudi Vervoort (PS).

La construction de l'hôtel van Eetvelde a commencé en 1895 alors que l'Art nouveau n'en est qu'à ses prémices. Le lieu apparaît comme une des réalisations les plus abouties de Victor Horta, confirmant, selon les observateurs aguerris du genre, au niveau de l'intérieur, le génie de l'architecte pour l'agencement des volumes, la diffusion de la lumière et l'utilisation de matériaux colorés.

Diplomate et conseiller du roi Léopold II

Diplomate et conseiller du roi Léopold II, Edmond van Eetvelde fut le commanditaire de cet édifice. Dès 1885, il est nommé administrateur général des affaires étrangères de l'État indépendant du Congo 'EIC). Il sera chargé de négocier la délimitation des frontières de la colonie avec la France, la Grande-Bretagne et le Portugal. En 1897, il supervise l'exposition coloniale de Tervuren et reçoit du souverain le titre de baron.

Après quelques années, la maison d'origine, située au numéro 4 de la Palmerston est devenue trop petite pour le baron Van Eetvelde qui demande à Horta de construire un bureau d'un côté (au numéro 2) et un bâtiment avec une salle de billard de l'autre côté. La façade de ces nouveaux éléments montre clairement l'évolution du style Art nouveau en quelques années seulement.
À l'intérieur de l'hôtel, Victor Horta a utilisé des matériaux provenant du Congo et certains motifs évoquant la colonie.

À la suite des vicissitudes de l'histoire, le bien a été divisé en deux propriétés et le bureau, autrefois lié à l'hôtel, séparé de la partie principale.

La demande émise par plus 1.000 signataires de la pétition initiée par l'asbl "Visite de Mon Voisin" en vue d'une acquisition du bien par la Région-capitale a donc été rencontrée.

Début 2023 débuteront aussi les premières études visant la réalisation d'un plan de gestion patrimonial afin d'envisager les rénovations du bâtiment.

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