Des outils pratiques à utiliser dès aujourd'hui pour être prêt demain

Si l’objectif de la conception réversible – construire des bâtiments adaptables pour une durée de vie prolongée tout en limitant les impacts sur l’environnement – est généralement bien compris et accepté, sa mise en œuvre concrète soulève de nombreuses questions chez les concepteurs, promoteurs et maîtres d’ouvrage. Sachez qu’il existe déjà plusieurs outils destinés à vous faciliter la tâche, dont une Check-list et un Guide Conception Réversible, tous deux disponibles gratuitement sur le site du Guide Bâtiment Durable de Bruxelles Environnement. Autant découvrir ces outils sans tarder pour ne pas être pris de court quand il s’agira de répondre à de futures obligations en matière de conception réversible.

Promue par la Région dans le cadre de son plan air-climat-énergie, la réversibilité a pour but de développer un bâti adaptable aux besoins futurs. Concevoir réversible n’est malheureusement pas inné, ni même déjà enseigné dans les écoles d’architecture. Même s’il se dit parfois que « faire et défaire, c’est toujours travailler », avoir une réflexion globale sur la vie du bâtiment dès la première esquisse permet d’anticiper les changements à venir et d’éviter de devoir revenir en arrière, ce qui a un coût.

Chez Bruxelles Environnement, Molly Steinlage et Caroline Henrotay sont toutes deux gestionnaires de projet dans le développement d’études et d'outils Bâtiment durable et économie circulaire. Elles nous présentent l’intérêt des nouveaux outils issus du projet d'innovation européen BAMB, en situant leur portée par rapport à d’autres.

 

Réversibilité spatiale et technique

« Vouloir prolonger la durée du bâti le plus longtemps possible incite à pratiquer en première instance la réversibilité spatiale. Penser dès le départ les différents éléments comme les circulations, accès, hauteurs sous plafonds, …  pour anticiper de multiples scénarios d’utilisation au cours du temps est un gage d’avenir, qui aidera le propriétaire notamment à éviter les vides locatifs.

Quant à la réversibilité technique, pouvoir démonter certains éléments pour mieux entretenir, mieux réparer pendant la période d’utilisation du bâtiment, est un avantage important. La réversibilité technique présente par ailleurs un intérêt plus immédiat pour les bâtiments à la durée de vie courte, comme des pop-ups ou certains hangars. »

 

Des outils qualitatifs à utiliser d’abord sur base volontaire

Check-list et Guide sont intimement liés. On peut considérer la Check-list comme la porte d’entrée de la conception réversible, tandis que le Guide en est l’ouvrage de référence, disponible au téléchargement au format PDF mais également intégré aux pages web du Guide Bâtiment durable. Ce qui permet à la Check-list de renvoyer via des hyperliens vers des passages du Guide Bâtiment durable, pour plus d’information.

Ces outils complémentaires sont d’une aide précieuse pour la conception de tout nouveau bâtiment ou en rénovation, mais aussi par exemple pour déterminer quelles fonctions sont envisageables dans un bâtiment existant. Bruxelles Environnement travaille d’ailleurs actuellement à une version semi quantitative de la Check-list, avec laquelle des données chiffrées permettront de vérifier rapidement si un bâtiment pourrait héberger telle ou telle fonction. A utiliser bien sûr en parallèle aux aspects purement qualitatifs de l’architecture.

Caroline Henrotay : « L'objectif premier de la Région est de maintenir le bâti existant et donc de faire en sorte que chaque bâtiment puisse être plus facilement rénové pour éviter toute nouvelle construction. Cela passe par la réversibilité – tant spatiale que technique. La première vise à faciliter les adaptations futures du bâtiment, la seconde à permettre une certaine démontabilité des matériaux en vue de leur réemploi. Il y a donc une démarche à la fois sociale et environnementale. »

Comme Totem (qui analyse l'impact environnemental des matériaux) ou le GRO (référentiel global en matière de durabilité), la Check-list et le Guide Conception réversible sont des outils à utiliser actuellement sur base volontaire, par exemple dans le cadre de RENOLAB.B. Certains maîtres d'ouvrage publics les utilisent déjà dans leurs cahiers des charges.

 

Future intégration au GRO et révision du RRU

« Bruxelles Environnement a la volonté de soutenir les différents acteurs du bâtiment dans l'utilisation des outils de durabilité et de circularité pour, au fur et à mesure, aller vers quelque chose qui puisse être réglementaire. Nous sommes actuellement dans le soutien, l’incitation, avant une obligation, d’abord pour les pouvoirs publics, puis pour tous. »

À court terme, le référentiel GRO, commun aux trois régions, intègrera la Check-list Conception Réversible, en tant qu’outil d’évaluation circulaire. Pour répondre aux objectifs régionaux, des discussions en cours dans le cadre de la révision du RRU envisagent aussi l'intégration d'ambitions de réversibilité au Règlement Régional d’Urbanisme (RRU).

Nous ne pouvons donc que vous inciter à vous familiariser dès maintenant avec les nouveaux outils.

 

 

 

 

 

 

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