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06 juli 2021 | MICHEL CHARLIER

Un tout nouveau Pôle Culturel pour Tamines (Goffart Polomé Architectes)

Illustratie | Goffart-Polomé Architectes
Illustratie | Goffart-Polomé Architectes
Illustratie | Goffart-Polomé Architectes
Illustratie | Goffart-Polomé Architectes
Illustratie | Goffart-Polomé Architectes

Le bureau Goffart Polomé Architectes vient de remporter le concours en vue de la réalisation d'un nouveau pôle culturel multimodal à Tamines (Sambreville). Un projet mêlant transformation et requalification de divers bâtiments ainsi que la création d'une connexion physique et couverte entre eux.

 

« Le site concerné est actuellement occupé par un ensemble de bâtiments communaux, dont les académies des Beaux-Arts et de Musique, ainsi que par le siège du CPAS de la commune qui occupe l’ancien hôtel de ville », explique Pierre-Loup Benoît, l'architecte en charge du projet. « L’enjeu de ce projet est de concevoir une nouvelle connexion physique et couverte entre les différents bâtiments, de transformer l’ancien hôtel de ville (que le CPAS quittera prochainement) et la salle des fêtes ainsi que de requalifier les différents bâtiments. » Le bâtiment des académies date des années '80, l’hôtel de ville de la fin du 19e siècle et son extension de la fin des années '90. 

Rechercher la cohérence et l'hétérogénéité

« L’enjeu du projet était de recréer une cohérence d’ensemble en profitant de la polarité naturelle et l’accessibilité du site pour ainsi rayonner à l’échelle de la commune et de la Basse-Sambre », continue Pierre-Loup Benoît. « Dès lors, le nouveau pôle culturel met à l’avant-scène la musique, les arts et la littérature sambrevillois. »

Le site se caractérise par une forte hétérogénéité architecturale induite par les différents bâtiments qui le composent. Construits à des époques différentes, ceux-ci présentent des styles et des gabarits variés. Il fallait également composer avec une démultiplication des annexes, créant des espaces dénués d'appropriation. « L’enjeu de la connexion se trouve à l’intersection de ces différentes temporalités, mettant en question la stratégie à apporter pour unifier ces bâtiments en leur conférant une identité commune. Face à la multiplicité des langages architecturaux existants, le propos du projet est de recenser les éléments intéressants d’architecture et de pouvoir proposer une couture; qui les articule en leur proposant une cohérence. La liaison agit comme un organisme vivant, s’insérant dans la complexité du site pour articuler de manière fluide les flux entre les différentes zones d’activité. »

Exploiter le potentiel

Le site comportait un réel potentiel intrinsèque qui ne demandait qu’à être exploité. Et pour Pierre-Loup Benoît, la préservation des logiques distributives existantes est l'un des points forts du projet : « L’enjeu était de parvenir à unifier ces potentiels et à en harmoniser les usages, permettant tantôt la complémentarité de ceux-ci, tantôt leur autonomie en préservant les entrées respectives actuelles. Pour ce faire, la logique distributive de la connexion prolonge celle des académies de manière à fluidifier les flux. De plus, de nouveaux espaces servants sont placés à l’articulation des différentes fonctions de manière à assurer leur utilisation indépendamment des horaires d’ouverture des uns ou des autres. »

Un dernier enjeu résidait dans la transformation de l’ancien hôtel de ville, qui accueillera trois niveaux de locaux de répétition et d’ateliers, et dont l’important cloisonnement ne permettait pas une simple utilisation par les académies. Il a donc été proposé de revenir aux espaces amples dessinés à la construction du bâtiment tout en préservant la façade ornementée et la séquence des espaces.

Jouer avec la translucidité

La brique de verre constitue un élément important du concept architectural. « Son utilisation rejoint plusieurs intentions », précise Pierre-Loup Benoît. « Elle amène une uniformisation de façades peu qualitatives en permettant une isolation par l’extérieur de celles-ci, le traitement de ces facettes intègre le bâtiment dans son contexte par un jeu subtil de réflexions des massifs végétaux plantés au-devant - un phénomène qui adoucit également le rapport frontal entre les académies et l’ancien hôtel de ville, en réfléchissant les unes sur l’autre - et, en soirée, l’effervescence du lieu se projette sur l’espace public au travers des parois translucides amenant une interaction nouvelle entre intérieur et extérieur. »

Viser la pérennité, la polyvalence et la circularité

La volonté des architectes de réaliser un audit complet des bâtiments en début de mission, de manière à établir un inventaire des éléments pouvant être soit récupérés, soit recyclés, puis à réaliser un tri et un recyclage rigoureux des déchets liés aux démolitions. « Les déchets et le recours à des matériaux composites seront réduits, en favorisant des matériaux bruts comme finitions. Ainsi, un gros-œuvre ou un second-œuvre apparent et faisant l’objet d’un contrôle accru durant les phases de chantier pourra se substituer à des matériaux de parement esthétique (habillage, plafonnage, faux plafond, etc.). » L'architecture ne cherche donc pas ici à masquer le système constructif : elle vise l’économie de matière mise en œuvre et la lecture claire et sans fioriture de sa mise en œuvre.

L'aspect circulaire du bâtiment tient aussi de la polyvalence des espaces proposés. La réversibilité des lieux en matière d’usages ou de cloisonnements permettra des futures adaptations avec le minimum d’interventions ultérieures.

Concernant l'environnement, les architectes ont voulu renforcer les zones perméables en recourant notamment à une toiture verte extensive, nécessitant un faible entretien, qui permet un écoulement différé des eaux de pluie et une réduction importante de la surchauffe liée aux revêtements de toiture plate tout en participant au renforcement de l’écosystème du lieu.

« Le projet a été conçu dans une logique d’économie d’entretien, favorisant une rigueur constructive et une accessibilité des techniques préférant des matériaux durables, pérennes et polyvalents », résume et conclut Pierre-Loup Benoît.

 

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