Mons 2015 : focus sur l'ARSONIC, la Maison de l'écoute (H&V architectes + Laurent Niget)

Idéalement située porte de Nimy, connectée au flux des étudiants, à mi-chemin entre campus, écoles secondaires et centre ville, la programmation du projet ARSONIC propose d’ouvrir physiquement la situation de l’ancienne caserne des pompiers vers le quartier du Manège. Ce nouveau temple de la musique et des arts sonores inauguré en avril 2015 est signé Holoffe Vermeersch Architecture, associé à l'Atelier parisien Laurent Niget.

Interprétation

Sur le grand côté du site, un niveau de référence s’installe à -1.00 m et permet de produire dans l’altimétrie un élancement possible de plus de 11 mètres accrochant l’alignement sous corniche du corps maintenu d’ARSONIC.

Ce plateau jauge la Grande Salle, capable d’accueillir +/- 300 places assises sous diverses configurations : grandes audiences ou petites audiences.  Les contours géométriques hérités de la configuration parcellaire rendent cet espace inédit : un grand et un petit gradin ainsi qu’un balcon bordent en effet une scène sur 3 faces, spécifique par une volonté de rapport de grande proximité avec le(s) musicien(s). De grands rideaux de jauge permettent la création de limites virtuelles scénographiées ou supports de (rétro)projection dans le cadre de spectacles interdisciplinaires.

 

Expression

En termes d’expression, l’identité d’ARSONIC trouve par ailleurs sa définition intrinsèque dans la somme des attitudes spatiales générées pour une diffusion et une écoute du son remarquables : la grande scène, une salle de répétition pour 20 musiciens, une chapelle du silence, le passage des rumeurs sculptent une mise à disposition des matières au service du son et de la lumière. L’enveloppe extérieure relève de la même attitude. Comme façade sur l’espace public, un mur de maçonneries brun-rouge, d’apparence simple mais aux proportions justes, propose de réagir littéralement comme absorbeur des bruits urbains. Sans esthétisme préliminaire, une écriture de percements s’organise dans le parement apparent, en l’occurrence sous les traits de rythmes séquentiels d’un fichier MIDI. 

Au-delà de cette transcription littérale et référentielle à l’écriture musicale, ARSONIC posséde alors une surprenante capacité à entrer en interaction sensible et invisible avec son contexte et à améliorer l'urbanité sonore de cette séquence d’entrée en Mons.

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