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28 september 2021

Restauration des façades et des toitures du Palais de la Berbie à Albi

Illustratie | © Cupa Pizarras

Classé Monument historique depuis 1862, l’ancien palais épiscopal de la Berbie à Albi (région occitanie) fait l’objet depuis 2015 d’un programme pluriannuel de conservation, restauration, mises aux normes et modernisation de ses bâtiments et espaces extérieurs. Le Syndicat Mixte regroupant le Département et la Ville d’Albi a déjà engagé 3,5 millions d’€ de travaux et prépare une deuxième phase de programme à partir de 2022. Cupa Pizarras a participé à la rénovation complète des toitures et des façades de ce bâtiment emblématique.

 

Cet édifice médiéval, réaménagé à la fin du 15e-début du 16e siècle constitue un joyau remarquable pour la ville. D’abord résidence de l’évêque, le monument abrite depuis 1924 le musée Toulouse-Lautrec, natif de la ville d’Albi. L’une de ses particularités est d’être couvert d’ardoises, un matériau peu utilisé dans la région où l’on trouve plus couramment des tuiles. Cette spécificité témoigne du rayonnement du style Renaissance et de l’influence des châteaux de la Loire jusque dans le Sud-Ouest.

De nombreux désordres affectaient cette couverture, dont la dernière restauration datait des années 1950 : des ardoises, brisées, panachées présentant plusieurs épaisseurs et des comportements très hétérogènes. Il était temps d’engager une restauration complète des charpentes, couvertures et façades pour rendre au monument ses lettres de noblesse. Commencé en octobre 2018, le chantier s'est achevé en juillet 2020.

L’évidence de l’ardoise

L’ensemble des couvertures a été remplacé par des ardoises neuves. Il fallait s’approcher au plus près des dispositions existantes : une ardoise gris clair, épaisse et de texture plutôt rugueuse. Ensuite le savoir-faire du couvreur s’est révélé essentiel. Sans sophistication particulière, ce chantier a mis en œuvre les techniques courantes de restauration avec un soin tout particulier apporté aux toitures en poivrière.

Le modèle choisi pour cette restauration a été la Corresa 7 à 10 mm, qui trouve naturellement sa place sur les toitures traditionnelles. L’entreprise Couverture Raimond SAS a effectué ce délicat travail sur les 100 m2 de couverture.

Le défi était d’aller assez loin dans la régularité sans que l’ensemble devienne sec. Ainsi, le tracé précis et rigoureux laisse aussi une place aux petites irrégularités qui donnent un caractère à cette toiture : cela adoucit l’ensemble, on garde une sensibilité, une vibration dans l’air (Michel Peron, architecte du patrimoine)

Chantier en site occupé

« Le travail s’est organisé en 2 tranches successives, sur 2 ailes, avec un échafaudage parapluie », continue l'architecte. « Il était inconcevable d’avoir une fuite d’eau, donc le parapluie s’imposait. De plus il permet une meilleure régularité de travail et moins d’aléas : c’est très pertinent et efficient pour les entreprises qui œuvrent à l’abri des conditions climatiques. »

Le Musée est resté ouvert au public et l’ensemble des acteurs, côté maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre s’accorde sur la qualité de cette restauration.