Archipelago Architects et VELUX montrent comment une conception intelligente peut limiter le recours aux installations techniques
Comment garantir le confort des bâtiments durant des étés de plus en plus chauds, sans multiplier les installations techniques ? Archipelago Architects et VELUX défendent une approche architecturale qui place la lumière naturelle, la ventilation naturelle et l’inertie thermique au cœur de la conception. L’objectif : réduire au maximum les besoins en équipements techniques grâce à des choix architecturaux judicieux, avant de déterminer les installations réellement nécessaires.
Les nouveaux bureaux d’Archipelago Architects à Louvain illustrent concrètement cette philosophie. Le bâtiment fait office de laboratoire vivant (living lab), où différentes stratégies climatiques passives sont mises en œuvre et font l’objet d’un suivi quotidien. Avec VELUX, le bureau d’architecture démontre ainsi comment le climate based design peut contribuer à créer des bâtiments confortables et économes en énergie.
De la technique comme solution à la conception comme point de départ
Selon Joost Declercq, Director Research & Innovation chez Archipelago, une tendance forte s’est imposée depuis les années 1950 : assurer le confort intérieur principalement au moyen d’installations techniques. L’évolution des normes et de la réglementation a encore accentué cette orientation. Il en résulte des bâtiments et des installations toujours plus complexes, avec des répercussions supplémentaires en matière d’investissement, d’exploitation et de consommation de matériaux. Pourtant, davantage de technique ne signifie pas nécessairement davantage de confort ou de satisfaction pour les occupants.
Archipelago préconise donc d’inverser la démarche : commencer par réduire au maximum les besoins en équipements techniques grâce à la conception architecturale, puis déterminer les solutions techniques réellement nécessaires. « Si l’efficience consiste à bien faire les choses, la suffisance consiste à faire les bonnes choses. Nous ne devons pas créer un problème pour ensuite chercher à le résoudre par la technologie. Nous devons avant tout réduire le besoin lui-même », dit Joost.
Cette philosophie a été concrètement appliquée dans les bureaux de Louvain. L’orientation, l’enveloppe du bâtiment, les ouvertures, l’inertie thermique, les protections solaires et la ventilation naturelle ont été pensées comme un ensemble cohérent. Selon les simulations réalisées pour ce projet, les besoins en refroidissement pourraient ainsi diminuer de plus de 80 % par rapport à un immeuble de bureaux standard. L’étude indique également qu’une réduction importante resterait possible dans des scénarios climatiques extrêmes.
Climate-based design : tirer parti des ressources de l’environnement
Pour Joël Sels, Senior Daylight Design Engineer chez VELUX, cette approche rejoint le principe du « climate-based design » : concevoir un bâtiment en fonction de son orientation, de son climat, de ses usages et de son environnement spécifiques. Il ne s’agit pas seulement de déterminer la quantité de lumière naturelle apportée par une ouverture, mais surtout de comprendre où, quand et comment cette lumière pénètre dans le bâtiment.
Une fenêtre ou une fenêtre de toit constitue à la fois une source de lumière naturelle, une source potentielle d’apports solaires et un moyen d’assurer une ventilation naturelle. Son emplacement et son orientation peuvent donc influencer considérablement le climat intérieur.
« Nous devons d’abord comprendre ce que le soleil, l’orientation, l’air et la masse du bâtiment peuvent nous apporter. Ce n’est qu’ensuite que nous déterminons les équipements techniques encore nécessaires », explique Joël. Une combinaison judicieuse des ouvertures, des protections solaires extérieures, de l’inertie thermique et de la ventilation nocturne peut contribuer à prévenir la surchauffe, tout en faisant entrer la lumière naturelle et l’air frais.
Le confort ne doit pas nécessairement être identique partout
Les deux partenaires remettent également en question la conception classique du confort comme un état parfaitement constant. Le corps humain peut s’adapter aux variations de température et les besoins de confort diffèrent d’un occupant à l’autre. Plutôt que d’imposer partout les mêmes conditions, un bâtiment peut proposer différentes zones de confort, ou différents « biotopes de vie ».
Les occupants disposent ainsi d’une plus grande liberté pour adapter leur environnement à leurs activités et à leurs préférences personnelles. Mais la technologie ne disparaît pas pour autant. Elle change de rôle : elle intervient en soutien, lorsque cela s’avère nécessaire, plutôt que de compenser en permanence ce qui n’a pas été résolu par l’architecture.
Les bureaux de Louvain, un laboratoire vivant
Les nouveaux bureaux d’Archipelago réunissent ces principes au sein d’un même bâtiment. Les stratégies de conception n’y sont pas seulement étudiées sur le plan théorique : elles sont expérimentées au quotidien et font l’objet d’un suivi continu. Le projet doit ainsi permettre de mieux comprendre les interactions entre l’architecture, le comportement des occupants et le confort intérieur, tout en évaluant dans quelle mesure les stratégies passives peuvent réduire le recours au refroidissement actif.
Pour VELUX, ce projet illustre concrètement comment la lumière naturelle et la ventilation naturelle peuvent s’intégrer dans une stratégie climatique globale. À travers notamment la VELUX Daylight Academy, l’entreprise partage son expertise avec les architectes et les professionnels de la construction sur l’intégration de la lumière naturelle et des stratégies climatiques dès les premières phases de conception.
Une technologie intelligente en appui
Il convient de noter que, selon les deux partenaires, « low-tech » ne signifie pas nécessairement « no-tech ». Si la conception architecturale constitue le fondement de la démarche, les technologies intelligentes permettent d’activer les stratégies retenues au moment opportun.
VELUX ACTIVE with NETATMO surveille notamment la température, l’humidité de l’air et le taux de CO₂. Le système peut commander automatiquement les fenêtres de toit VELUX et les protections solaires connectées, en fonction des conditions intérieures et des données météorologiques. La technologie peut ainsi favoriser la ventilation naturelle et contribuer à prévenir la surchauffe. Elle ne se substitue pas à la conception : elle permet à la stratégie climatique choisie de fonctionner au bon moment et avec la bonne intensité.
Le message commun d’Archipelago et de VELUX est donc simple : plutôt que de multiplier les équipements techniques pour rendre un bâtiment confortable après coup, mieux vaut concevoir dès le départ un bâtiment dont les besoins en confort thermique sont réduits.