De la 2D au BIM : comment ABG numérise son processus de rénovation
Élaborer les détails techniques d’une rénovation de façade est une chose. Expliquer clairement aux résidents et aux maîtres d’ouvrage à quoi ressemblera leur bâtiment après les travaux en est une autre. Pour ABG, cette communication, outre la recherche d’une plus grande efficacité, a constitué une raison majeure de remettre en question sa méthode de travail traditionnelle en 2D. En collaboration avec ARKANCE, le bureau d’études a donc franchi le pas vers le BIM.
Autodesk Revit constitue désormais la base des plans, des quantités et des informations relatives au projet, tandis qu’Enscape traduit le modèle en visualisations 3D accessibles. ABG souhaite ainsi non seulement travailler plus rapidement et avec plus de précision, mais aussi rendre les projets de rénovation plus compréhensibles pour toutes les personnes impliquées.
De l’information fragmentée à un modèle unique
ABG, dont le nom complet est « Advies in Beton en Gevelrenovaties », est un bureau d’études belge spécialisé depuis 1995 dans la recherche sur le béton et la rénovation des façades. Le bureau assure notamment des études et des conseils, la rédaction de cahiers des charges et le suivi des travaux de rénovation.
Cette expertise s’est longtemps appuyée sur un flux de travail numérique assez traditionnel. Les quantités étaient calculées manuellement, les cahiers des charges étaient rédigés dans des applications distinctes et les plans AutoCAD devaient être retravaillés lorsque des visualisations étaient nécessaires. Les informations étaient donc dispersées entre différents documents et logiciels, ce qui entraînait des opérations supplémentaires et augmentait le risque d’erreurs.
En collaboration avec ARKANCE, ABG est passée des dessins 2D traditionnels à un flux de travail BIM entièrement intégré. Avec Autodesk Revit comme environnement de travail central, les dessins, les quantités et les informations relatives au projet sont organisés autant que possible autour d’un même modèle. Les modifications n’ont donc plus besoin d’être traitées séparément à différents endroits.
« Nous avons rapidement identifié les points à optimiser. Tout fonctionnait plus facilement lorsque nous travaillions sur une seule plateforme. La préparation était plus rapide et le risque d’erreurs diminuait. Nous avions besoin d’une méthode de travail plus intelligente », explique Mathias Smekens, chef de projet chez ABG.
Du plan technique à une image compréhensible
Pour ABG, la valeur ajoutée du modèle BIM ne se limite pas au flux de travail interne. La manière dont le modèle contribue à rendre les plans de rénovation plus clairs pour les maîtres d’ouvrage, les résidents et les associations de copropriétaires est tout aussi importante. Grâce à Enscape, le bureau d’études convertit ses modèles en visualisations 3D en temps réel. Grâce à un code QR, les parties prenantes peuvent naviguer virtuellement dans un projet et découvrir par elles-mêmes à quoi le bâtiment pourrait ressembler après la rénovation. Pour ceux qui ne lisent pas quotidiennement des plans techniques, cela fait une différence considérable.
En effet, un dessin 2D classique est sujet à divers interprétations. Un modèle tridimensionnel montre de manière beaucoup plus directe ce qui change au niveau d’une façade et comment les différents choix de conception s’articulent entre eux. Cela peut aider à discuter plus clairement des propositions au cours du processus de conception et de prise de décision. « En 3D, on voit et on vérifie tout beaucoup mieux. La marge d’erreur est bien moindre et les clients ont une réelle compréhension du projet. Ce n’est pas seulement efficace, c’est aussi un argument de vente de poids », explique Sven Delbare, responsable BIM chez ABG.
La standardisation pour limiter les tâches répétitives
Afin de tirer pleinement parti des avantages du BIM, ABG mise également sur la standardisation. En collaboration avec ARKANCE, le bureau d’études a développé des modèles Revit dans lesquels les éléments et les vues récurrentes sont prédéfinis. Selon ABG, environ 95 % de ces éléments récurrents sont désormais standardisés.
Les collaborateurs chargés des projets n’ont ainsi plus besoin de recréer la même structure de base pour chaque dossier. Parallèlement, la standardisation garantit une méthode de travail plus uniforme d’un projet à l’autre et d’un chef de projet à l’autre. Cette approche vise avant tout à faire gagner du temps aux collaborateurs dans les tâches répétitives. Le temps ainsi libéré peut ensuite être consacré au conseil technique, aux décisions de conception et à l’accompagnement du processus de rénovation.
Intégrer également le cahier des charges au BIM
ABG souhaite poursuivre la numérisation dans les mois à venir. L’une des prochaines étapes consiste à renforcer le lien entre le modèle BIM et les cahiers des charges. L’ambition est d’utiliser directement les informations issues du modèle lors de la rédaction du cahier des charges, afin que certaines parties de celui-ci puissent à terme être générées en grande partie automatiquement.
ARKANCE accompagne ABG dans cette transition en proposant des services de mise en œuvre, de conseil et de formation. Le bureau d’études a par ailleurs rejoint l’Arkance Userclub, au sein duquel les utilisateurs échangent leurs expériences et leurs connaissances sur les méthodes de travail numériques.
Le BIM comme outil de communication
L’expérience d’ABG illustre ainsi une application du BIM qui est parfois moins visible dans le cadre de la rénovation. L’avantage ne réside pas seulement dans la rapidité de dessin ou le calcul automatique des quantités, mais aussi dans la mise à disposition d’informations techniques pour des personnes qui ne travaillent pas elles-mêmes avec le BIM ou les plans de construction.
Dans le cadre de rénovations de façades, où bureaux d’études, entrepreneurs, maîtres d’ouvrage, copropriétaires et résidents se retrouvent autour d’un même projet, cette base visuelle commune peut jouer un rôle important. Le modèle devient ainsi non seulement un outil permettant d’organiser plus efficacement le processus de rénovation, mais aussi un moyen de montrer plus clairement ce qui sera finalement construit.