Créativité sous pression ? Une conférence de l’A@W Academy sur l’impact de l’IA dans la conception et l’architecture

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La montée en puissance de l’intelligence artificielle se fait de plus en plus sentir dans la pratique de la conception et de l’architecture. Ce qui relevait initialement de l’expérimentation s’impose progressivement comme une composante intégrée du processus créatif. Dans le cadre du programme de conférences de l’A@W Academy du 21 mai, Valérie Codesido (Arquid/Studio Vline) et Paulus Present (Bureau Bouwtechniek) abordent cette évolution et analysent la manière dont l’IA redéfinit le champ d’action de l’architecte.

Sous la modération de Rik Neven (Palindroom/Architectura), l’échange ne se limitera pas à l’innovation technologique, mais portera également sur ses implications plus larges. L’IA ouvre de nouvelles possibilités pour concevoir plus rapidement et plus efficacement, tout en soulevant des questions essentielles liées à l’auteur, à la responsabilité et au rôle de l’architecte dans un contexte de plus en plus automatisé.

L’IA COMME CATALYSEUR DE CRÉATIVITÉ

Valérie Codesido considère l’IA avant tout comme un moteur d’exploration créative. Grâce aux outils de génération d’images, les architectes peuvent aujourd’hui développer et affiner des concepts visuels en un temps réduit. Le processus de conception s’en trouve accéléré et les possibilités d’exploration élargies. Les concepteurs peuvent tester rapidement différentes variantes et explorer de nouvelles pistes.

Elle met également en évidence une évolution du rôle de l’architecte. Celui-ci devient moins un producteur au sens classique et davantage un curateur d’idées et de processus. Plutôt que de concevoir chaque élément, il oriente et sélectionne les résultats générés par les outils d’IA. Cette évolution ouvre de nouvelles perspectives, tout en nécessitant un regard critique sur les technologies utilisées et les données qui les alimentent.

EFFICACITÉ VERSUS RESPONSABILITÉ

Paulus Present apporte une lecture plus nuancée de cette évolution. Si l’IA améliore l’efficacité, elle comporte selon lui le risque de réduire l’architecture à des paramètres mesurables et optimisables. Or, l’architecture ne se limite pas aux données. Elle inclut également le contexte, l’expérience et l’impact sociétal.

La question de la responsabilité est également centrale. Dans un domaine où les décisions influencent directement l’environnement bâti, le rôle de l’architecte ne peut être délégué à la technologie. Au contraire, dans un contexte d’automatisation, il devient essentiel de poser des choix éclairés et d’intégrer des considérations éthiques dans la pratique.

VERS UN NOUVEAU RÔLE POUR L’ARCHITECTE

Les points de vue de Codesido et Present offrent une lecture complémentaire d’un domaine en mutation. L’une met en avant les opportunités, l’autre insiste sur la nécessité d’une réflexion critique. De cette tension émerge un nouvel équilibre, où technologie et expertise humaine se complètent.

La session de l’A@W Academy se tiendra le 21 mai 2026 à 15 h. Valérie Codesido et Paulus Present y partageront leurs analyses, avec Rik Neven comme modérateur.

Source Architect@Work

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