Caserne Trésignies à Charleroi : quand un patrimoine militaire devient un laboratoire économique

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Au cœur de Charleroi, l'ancienne caserne Trésignies — nommée d'après le caporal Léon Trésignies, fusillé en 1914 après avoir traversé à la nage le canal de Willebroek — entame un nouveau chapitre. Après avoir hébergé les Chasseurs à pied partis pour le front, le bâtiment se mue progressivement en une micro-zone d'activités économiques, sous l'impulsion de l'intercommunale Igretec, qui a acquis le site de la Ville. Le pari est audacieux : transformer une mémoire militaire centenaire en un moteur d'innovation, sans effacer ce qui fait la valeur du lieu.

Un chantier pionnier du réemploi des matériaux

Ce qui distingue cette opération, c'est sa méthode. Avant la moindre démolition, Rotor, une coopérative bruxelloise spécialiste du réemploi, a réalisé un audit de réemploi en amont. Un inventaire minutieux des matériaux a été dressé afin de déterminer ce qui pouvait retrouver une seconde vie sur place ou être remis sur le marché. Carrelages, radiateurs, sanitaires ou encore châssis ont été soigneusement démontés, nettoyés et stockés pour être réintégrés dans le projet.Briques, charpentes, menuiseries : un maximum d'éléments échappe ainsi à la benne. Sur près de 5 000 m², cette approche circulaire demeure rare à cette ampleur dans le secteur public wallon et pourrait inspirer d'autres réaffectations patrimoniales.

Une aile nord dédiée à l'entrepreneuriat

Le chantier en cours concerne l'aile sud, en profonde transformation depuis novembre 2024, avec un budget avoisinant les 9 millions d'euros, dont un subside de 2,7 millions récemment débloqué par le ministre wallon François Desquesnes. Les quelque 4 500 m² répartis sur trois niveaux, dont une mezzanine aménagée dans les combles, accueilleront notamment la Marmite : un lieu pensée comme un incubateur pour les porteurs de projets agroalimentaires, complétée d'une salle de restaurant. Un auditoire de 140 places et des salles de réunion renforceront l'offre d'accompagnement portée par Charleroi Entreprendre, dont le hub a déjà accompagné près de 500 projets en 2024, générant quelque 240 emplois.

Une micro-zone urbaine déjà vivante

L'aile nord, rénovée en première phase, accueille déjà des acteurs économiques, un espace de coworking et le centre d'entreprises Héraclès. Avec l'UCL à proximité, le site confirme son statut de micro-zone d'activités économique en plein centre-ville, favorisant la densification productive plutôt l'étalement urbain. Une illustration convaincante de la façon dont le patrimoine militaire wallon peut devenir un levier de redéveloppement urbain sobre et créateur d'emplois. À l'heure où chaque mètre carré d'espace constructible compte, réutiliser ce qui existe déjà plutôt que repartir de zéro sur la campagne voisine dessine sans doute l'une des voies les plus prometteuses pour les villes de demain.

Source Igretec

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