Le centre sportif des Primeurs à Forest renaît doucement de ses cendres
Après un chantier qui aura éprouvé la patience des Forestois, le complexe sportif niché à l'angle de la rue des Primeurs et de la rue du Feu a enfin retrouvé ses utilisateurs. Réceptionné en décembre 2025 et progressivement rendu à la vie associative, il attend désormais sa fête officielle, plusieurs fois repoussée. L'occasion de revenir sur une transformation qui dépasse largement le simple coup de neuf.
Un édifice à deux visages au cœur du quartier
Les habitués du quartier Albert connaissent sa silhouette biscornue : un volume des années soixante, dessiné par les architectes Millis et Flamand, prolongé au tournant du millénaire par une grande halle dédiée au sport. À l'origine, le bâtiment de 1966 accueillait plutôt les aînés du coin qu'une génération de volleyeurs. Au fil des décennies, l'ensemble avait perdu de sa superbe : accueil en briques rouches bouchant la vue, circulation en labyrinthe, vestiaires fatigués. Le concours lancé dans le sillage du dispositif de revitalisation urbaine « Primeurs – Pont de Luttre » a permis au bureau bruxellois AgwA, lauréat en 2014, de repenser l'ensemble de fond en comble pour un investissement global de près de trois millions d'euros, porté par Beliris et la commune, avec l'appui des subsides régionaux.
Une enveloppe qui change tout
Impossible de passer devant le complexe sans s'arrêter : la façade, désormais habillée de briques émaillées aux tonalités claires, dialogue avec les maisons art-déco disséminées dans la commune. Ce clin d'œil un peu troublant, entre souvenir et étrangeté, est revendiqué par les concepteurs. L'ancienne extension d'accueil a été volontairement démolie pour laisser place à un volume transparent, percé de larges vitrages quibranchent littéralement le centre sur son parvis. À l'intérieur, un hall unique dessert désormais toutes les fonctions du bâtiment : adieu les entrées dispersées, bonjour le foyer d'où l'on aperçoit la grande salle en activité, ainsi qu'un point de rencontre pensé autant pour les sportifs que pour les riverains.
Deux salles supplémentaires posées sur le toit
La signature du projet se situe en étage. Sur la couverture de la grande halle, une structure légère en poutrelles métalliques abrite deux espaces polyvalents destinés aux activités douces — yoga, judo ou animations de quartier — flanqués de leurs vestiaires. Une terrasse minérale prolonge l'ensemble, tandis que la toiture a été isolée et rendue étanche. Enfin, la petite salle historique, les sanitaires et les installations techniques ont été remis à niveau, avec au passage un ascenseur, des rampes et des aménagements pour les personnes à mobilité réduite qui manquaient cruellement.
Un parcours du combattant de cinq ans
Il fallait pourtant s'armer de patience : lancé en mars 2020 pour une durée estimée à trente mois, le chantier a traîné bien au-delà, au point d'être suspendu plusieurs mois en 2024 au grand dam des clubs relogés ailleurs et des élus locaux. Ce n'est qu'à la fin de l'année 2025 que la réception provisoire a été prononcée, ouvrant la voie à une exploitation progressive, plages horaires limitées à l'appui. La pleine capacité est annoncée pour la saison 2026-2027. Reste à guetter la date de l'inauguration officielle, espérée prochainement.
Avec cette livraison, Forest gagne bien plus qu'un lieu de sport : un équipement de quartier conçu comme un lieu de vie partagé, à l'image de la démarche participative qui l'a vu naître. De quoi donner des idées à d'autres communes bruxelloises.