Low-Tech Studio à Liège : l'appartement écosystème qui réinvente l'habitat durable
À deux pas de l'Aquarium-Muséum de Liège, un logement pas comme les autres a pris place dans les jardins du quartier. Le Low-Tech Studio, imaginé par l'Université de Liège, reconstitue à l'échelle réelle un appartement complet dont chaque équipement fonctionne vraiment. Ce projet pose une question simple : et si l'habitat de demain était plus sobre, plus simple et plus vivant ?
Pensé comme un écosystème
Le visiteur qui franchit la porte découvre un logement qui fonctionne en boucle, à la manière d'un mini-écosystème. Dans la cuisine, des cultures en bioponie fournissent légumes et aromates, un rameur relié à une lessiveuse permet de laver son linge en fournissant l'effort soi-même, et des toilettes à compost transforment les déchets en ressource. L'énergie circule sur un réseau basse tension comparable à celui d'un van aménagé. Testé en conditions réelles, chaque dispositif raconte la même conviction : la sobriété peut améliorer le quotidien plutôt que le sacrifier.
Une maison qui ne laisse aucune trace
L'écrin lui-même est un manifeste. Conçu par la coopérative belge Hellow, spécialisée dans l'habitat léger, le studio repose sur des fondations réversibles vissées au sol, sans béton. Son ossature en bois et son bardage en mélèze en font une construction entièrement démontable, capable de rendre au terrain son état initial au moment du départ. Cette réversibilité constructive offre une alternative à l'artificialisation des sols : occuper un bout de ville sans l'enfermer définitivement, densifier sans défigurer.
De Paris à Liège, une expérimentation franco-belge
Ce studio prolonge une aventure née en France. L'équipe de Biosphère.expérience, portée par l'ingénieur Corentin de Chatelperron et l'architecte belge Caroline Pultz, a d'abord survécu en autonomie sur l'océan puis dans le désert mexicain, avant de transformer un petit logement de Boulogne-Billancourt en appartement écologiquement autonome, habité pendant quatre mois par un couple dont la consommation était mesurée en continu. C'est cette banque d'objets et de savoirs, façonnée au sein du mouvement Low-Tech Lab, que l'ULiège a importée sous l'impulsion d'Audrey Mertens, ingénieure architecte et chercheuse au laboratoire Inter'Act.
Un laboratoire grandeur nature
Car au-delà de l'exposition, le Low-Tech Studio est un dispositif scientifique financé par la recherche universitaire liégeoise. Jusqu'en juin 2026, les équipes évaluent la performance réelle des équipements et surtout leur acceptabilité : résisterons-nous culturellement à la sobriété ? Visites, questionnaires et travaux d'étudiants nourrissent une recherche pionnière sur les modes d'habiter alternatifs en Belgique.
Un mouvement qui déborde le cadre liégeois
L'élan ne s'arrêtera pas là. Du 10 au 13 septembre 2026, Hellow et l'ULiège, aux côtés de nombreux partenaires, organisent le Festival des nouveaux modes d'habiter à travers la Wallonie : conférences pour les acteurs du logement, colloque professionnel à Liège, visites de chantiers et retours d'expérience d'habitants. De quoi transformer une curiosité locale en débat de société sur le logement durable, abordable et évolutif.