203 fenêtres historiques du château de Wynendaele ont fait l'objet d'une rénovation énergétique
Comment rendre un château riche d'une histoire de près de mille ans plus économe en énergie sans porter atteinte à sa valeur patrimoniale ? Au château de Wynendaele à Torhout, une partie importante de la réponse résidait dans les fenêtres. Au total, 203 exemplaires historiques ont fait l'objet d'une rénovation énergétique, en préservant au maximum les châssis en chêne existants.
Comme le Service du patrimoine immobilier avait demandé de conserver autant que possible les structures d'origine des fenêtres, le recours à un double ou triple vitrage conventionnel n'allait pas de soi. RenoWindow a donc installé du verre sous vide FINEO d'AGC, très fin, dans les profilés existants. Cela a permis d'améliorer les performances thermiques des fenêtres sans modifier radicalement leur aspect historique.
PRÈS DE MILLE ANS D'HISTOIRE
L'histoire du château de Wynendaele remonte à la fin du XIe siècle, lorsqu'un complexe de châteaux en bois fut érigé sur le site. Celui-ci céda la place, au XIIIe siècle, à une forteresse fortifiée. Wynendaele fut pendant un certain temps le siège des comtes de Flandre et joua, au fil des siècles, un rôle dans divers événements historiques. C’est ainsi qu’en 1482, Marie de Bourgogne fut grièvement blessée en tombant de cheval lors d’une partie de chasse dans les forêts environnantes.
L’aspect actuel du château a été en grande partie façonné dans les années 1870. La famille Matthieu, propriétaire du domaine depuis 1833, l’a alors fait rénover en profondeur dans un style néogothique, avec notamment des tours, des créneaux, des pignons à redans et des portes voûtées. Lorsque Jérôme Matthieu de Wynendaele s’est installé en Flandre occidentale en 2021, la performance énergétique de ce bâtiment de plus de 2 000 m² s’est également imposée comme une priorité. Les fenêtres historiques, en particulier, constituaient un véritable défi.
« L’Agence du patrimoine immobilier nous a demandé de conserver autant que possible les châssis existants. C’est pourquoi nous avions besoin d’un vitrage isolant aussi fin que du simple vitrage », explique le châtelain. Le choix s’est porté sur le vitrage isolant sous vide FINEO, qui répond aux normes modernes d’efficacité énergétique et présente une hauteur d’installation minimale.
203 FENÊTRES, SOIXANTE FORMATS DE VITRAGE
Au lieu de remplacer entièrement les fenêtres, l’équipe de chantier a choisi de conserver les châssis en chêne existants et de renouveler le vitrage. Cette approche limite non seulement l’impact sur les menuiseries historiques, mais évite également d’intervenir au niveau des raccords avec la maçonnerie.
Cela n’a toutefois pas été une mince affaire. Le château de Wynendaele compte 203 fenêtres, réparties selon les estimations en une trentaine de modèles différents. RenoWindow a donc mesuré au préalable toutes les vitres existantes au millimètre près. Sur cette base, AGC Glass Europe a produit une soixantaine de formats de vitrage différents, d’une épaisseur comprise entre 6,7 et 20,1 mm.
La répartition d’origine des vitrages devait également être conservée, conformément aux exigences du service des monuments historiques. Les nouveaux vitrages ont donc été fabriqués en petits formats et installés dans les montants existants. Parallèlement, tous les châssis ont été inspectés pour détecter d’éventuels dommages et les joints ainsi que les ferrures ont été remplacés si nécessaire.
VERRE CONTEMPORAIN, POSE TRADITIONNELLE
Si le nouveau vitrage était à la pointe de la technologie, sa pose s’est autant que possible alignée sur la structure existante des fenêtres. Après le fraisage et le nettoyage des rainures existantes, le vitrage sous vide a été posé à l’aide d’un mastic remplaçant le mastic à joint. La surface peinte a ensuite été restaurée de manière professionnelle. Seules quelques fenêtres ont nécessité le démontage temporaire des battants pour permettre les travaux de fraisage. Le remplacement complet du vitrage a pris environ deux semaines.
« Notre objectif est toujours de préserver l’esthétique d’origine des châssis et de ne pas utiliser de matériaux supplémentaires », explique Christophe Vanassche, conseiller en projets chez RenoWindow. « Grâce à la valeur d’isolation et à l’épaisseur du vitrage, nous pouvons remplacer le vitrage tout en préservant à 100 % l’esthétique du châssis. »
VALEUR D’ISOLATION DU TRIPLE VITRAGE
La faible épaisseur du verre FINEO est due à une cavité sous vide de seulement 0,1 mm entre deux feuilles de verre. Associée à un revêtement à faible émissivité, celle-ci limite le transfert de chaleur. Alors que les vitrages isolants classiques utilisent généralement de l’argon ou du krypton entre les feuilles de verre, c’est ici principalement le vide qui assure l’effet isolant.
Selon AGC, ce verre atteint une valeur Ug de 0,7 W/(m²K). Le simple vitrage classique affiche généralement une valeur d'environ 5,8 W/(m²K). Ainsi, selon le fabricant, le verre sous vide se rapproche des performances thermiques d’un triple vitrage, mais avec une épaisseur de verre bien moindre. Cela rend cette technologie intéressante pour les rénovations de bâtiments classés, où les profilés de fenêtres historiques offrent souvent un espace insuffisant pour les doubles ou triples vitrages actuels.
LUMIÈRE NATURELLE ET ACOUSTIQUE
Outre l’isolation thermique, AGC souligne également des avantages en matière de lumière naturelle et d’acoustique. Le verre FINEO laisse passer environ 15 % de lumière naturelle en plus qu’un triple vitrage. Selon le fabricant, des indices d’isolation acoustique compris entre 36 et 42 dB sont par ailleurs possibles, en fonction de la configuration choisie.
Le verre sous vide peut par ailleurs être associé à des fonctions de protection solaire, d’isolation acoustique et de verre de sécurité. Pour les applications patrimoniales, il existe une variante « Heritage », dans laquelle le verre sous vide peut être combiné avec du verre de Fourcault afin de reproduire l’aspect irrégulier des vitrages historiques.
PRODUIT DURABLE
Sur la base de tests en laboratoire, AGC affirme que FINEO conserve ses propriétés thermiques et acoustiques pendant plus de soixante ans. Le verre est également recyclable et les produits verriers de base utilisés lors de sa fabrication sont certifiés « Cradle to Cradle ». En novembre 2024, FINEO a par ailleurs été le premier verre isolant sous vide à obtenir le marquage CE. Depuis janvier 2025, le produit dispose également d’une homologation générale pour une utilisation en vitrage vertical linéaire.