MISE AU POINT. Germán Bourgeat : « Chaque millimètre dans le cadre peut complètement transformer le sens d’une photo »

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Avec sa nouvelle rubrique Mise au point, Architectura met en lumière des photographes d’architecture qui contribuent, par leurs images, à la manière dont nous voyons et comprenons les bâtiments. Comment perçoivent-ils l’architecture ? Qu’est-ce qui rend une image forte à leurs yeux ? Dans cette série, des photographes belges répondent à dix questions sur leur parcours, leur méthode et leur vision du métier. Aujourd’hui, nous faisons la connaissance de Germán Bourgeat. Après plusieurs années passées comme assistant en Italie, il porte un regard international sur l’architecture belge. Dans son travail, il cherche à rendre les matériaux presque palpables et à révéler la personnalité d’un projet, toujours à la recherche d’images capables de laisser une impression durable.

Comment êtes-vous entré dans la photographie (d’architecture) ?

Depuis mon enfance, j’étais davantage attiré par la photographie d’objets et de matériaux que par les portraits. Vers l’âge de vingt ans, quelqu’un m’a expliqué qu’il s’agissait en réalité de photographie d’architecture. À l’époque, je ne savais pas encore que la photographie pouvait prendre autant de directions différentes.

C’est ainsi que j’ai rencontré Andrea Martiradona, un photographe d’architecture expérimenté. Je l’ai croisé par hasard dans un showroom où il réalisait un reportage. Nous avons commencé à discuter et je l’ai aidé à sortir un objectif de son sac. Ensuite, il m’a demandé si je voulais devenir son assistant. J’ai travaillé avec lui pendant trois ans. Cette période m’a énormément appris, non seulement sur la photographie, mais aussi sur la vie.

Qu’est-ce qui vous attire le plus dans la photographie d’architecture ?

Ce qui me plaît le plus dans la photographie d’architecture, c’est la possibilité de ressentir les matériaux à travers l’image et de découvrir la personnalité d’un projet. Chaque millimètre dans le cadre peut complètement transformer le sens d’une photo, et c’est précisément ce qui rend cette discipline si fascinante.

Parmi vos réalisations, quels reportages ou projets vous rendent le plus fier, et pourquoi ?

Je suis particulièrement fier de mon premier reportage en Belgique, réalisé peu après mon installation. Je l’ai proposé de ma propre initiative, parce qu’il fallait bien recommencer quelque part. Il s’agissait de la maison de l’artiste Sofie Muller. En échange, elle m’a offert une œuvre unique.

Selon vous, qu'est-ce qui rend un bâtiment intéressant à photographier ? 

Un bâtiment devient intéressant à photographier lorsqu’il sort du cadre habituel. Lorsqu’il ne s’agit pas d’un projet répétitif ou « mainstream », mais d’une réalisation où quelqu’un a osé penser autrement et créer quelque chose d’original.

Quels projets architecturaux vous ont le plus marqué ces dernières années ?

L’église Sainte-Anne de Bressers Architecten m’a particulièrement impressionné ces dernières années, même si le projet est encore en cours de réalisation.

Quels architectes ou bureaux réalisent aujourd'hui, selon vous, un travail particulièrement remarquable ?

Je trouve que Bressers Architecten est aujourd’hui un bureau particulièrement fort. Ils sont spécialisés dans le patrimoine et savent transformer des bâtiments existants avec beaucoup de respect, tout en apportant une approche créative. Ils réalisent des projets très intéressants qui instaurent un beau dialogue entre passé et présent.

Quels photographes ont le plus influencé votre regard sur la photographie d'architecture, et votre manière de travailler ? 

Johnny Umans et Tim Van de Velde. Je suis un grand admirateur de Johnny Umans, autant pour son travail que pour sa personnalité. J’ai découvert le travail de Tim Van de Velde durant mes premiers mois en Belgique, et cela m’a immédiatement marqué.

Qu'est-ce qui distingue, selon vous, une image d'architecture correcte d’une image vraiment marquante ?

Une photo d’architecture correcte vous fait penser : « ah oui, d’accord, c’est juste ». Tout est techniquement correct, mais le résultat peut rester très banal. Une photo d’architecture forte provoque plutôt un effet de surprise et reste en mémoire, même si tout n’est pas parfaitement logique ou irréprochable.

Quel conseil donneriez-vous à un photographe qui débute dans la photographie d’architecture ?

Ne prenez pas des photos uniquement pour les montrer aux autres, mais restez fidèle à vous-même. Ne vous prenez pas, ni votre travail, trop au sérieux : vous n’êtes pas ce que vous faites. Calm down !

Au cours de votre carrière, comment avez-vous vu évoluer l'architecture en Belgique ?

Je ne vis en Belgique que depuis peu de temps, donc je préfère pour l’instant ne pas trop me prononcer sur cette question.

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