Archi-militant : c’est l’histoire d’une punaise de lit…

Aux jeunes (et même aux moins jeunes) qui espèrent vivre dans la maison de leurs rêves, et dont les parents ne sont pas plus fortunés que moi, je conseillerais de se montrer patients, même très patients. Alternative: convaincre les vieux grigous fans de briques de soigner leur inextinguible soif acquisitive.

J’en ai ras la casquette des particuliers qui misent sur l’immobilier locatif. Autour de moi, j’ai arrêté de les compter tellement ils sont devenus nombreux. Il s’agit de Monsieur et Madame tout le monde, de mon frère, mon cousin, mon voisin… Tous se mettent à acheter du locatif. Si j’adopte un point de vue strictement comptable, j’avoue que l’histoire a de quoi être alléchante. Je m'explique: par des mécanismes assez basiques liés à la loi de l'offre et de la demande, soutenue par la chute des taux (restés à des niveaux historiquement bas jusqu'en septembre 2022), le prix des maisons unifamiliales et des appartements a gonflé, gonflé, gonflé jusqu'à atteindre des niveaux impayables pour le commun des mortels (et à plus forte raison pour les jeunes candidats à l'accès à la propriété).

D'après les résultats d'une étude récente que j’ai pu consulter, il faut en moyenne désormais bosser 12 ans avant d'espérer envisager l'achat de son chez soi contre 6 ans dans les années '90 si l'on veut rester dans les clous et respecter la règle des 30% (pas plus de 30% de ses revenus consacré au remboursement de son prêt hypothécaire). On se dirait bien qu'il suffit de faire confiance au marché, et que la loi de l'offre et de la demande va remettre bon ordre dans cette escalade, mais c'est sans compter l'appétit des vieux grigous, déçus par les performances de la bourse, et peu attirés par les rendements d’un bon d’Etat (même à 4%). Je les vois acheter à tout va et placer leurs billes qui dans des appartements, qui dans des immeubles de rapport ou dans des projets de construction de lotissement. Rien n’échappe à ces pingres. Pour rester dans une comparaison certes osée, mais néanmoins pertinente dans la mesure où elles investissent aussi les logements, on croirait voir des punaises de lit…

Résultat de courses: avec cette rage acheteuse/investisseuse, les vieux grigous soutiennent à la fois les niveaux de prix à la revente, rendent encore plus complexe l'achat d'un logement pour les jeunes qui n'ont alors d'autre choix que de se reporter sur la location. Comme tous les jeunes n'ont d'autre choix que celui de la location, les loyers grimpent, ce qui attise encore davantage la soif d'acquisition des vieux grigous. Bref, la boucle est bouclée.

Ne cherchons pas ailleurs que chez ces harpagons l'explication de cette maison de village convenable proposée à 650.000 euros dans mon patelin. Ou de cet appartement de 80m², certes confortable, mais sans fioriture, annoncé à 450.000 euros. Un jour, c'est sûr, le ciel tombera sur la tête de ces punaises, qui -je l’espère- rendront alors la monnaie des paquets de billets encaissés.

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