Archi-militant | PPP : ce n’est qu’un début, continuons le combat

La technique des PPP, partenariats public-privé, c’est parfois un peu l’histoire du chat et du renard qui font croire à Pinocchio qu’en enterrant des pièces d’or dans un champ, il en récoltera mille fois plus. Cette histoire, les pouvoirs publics belges n’entendent plus forcément se la laisser conter longtemps…

On connaît la disette à laquelle les pouvoirs publics sont soumis en Belgique. Et l’on sait que dans ces conditions, la formule du PPP a souvent été acceptée par les pouvoirs publics pour concrétiser les grands projets qu’ils ne peuvent plus forcément toujours financer sur fonds propres ou sur emprunt. Parfois, cette formule est attractive pour le public. J’écris “parfois”, ce qui induit donc “pas toujours”... Dans certains grands dossiers, notamment ceux qui ont été liés à la construction de prisons ou de piscines, cette formule s’est au bout du compte révélée être désastreuse sur le plan financier. La Régie des Bâtiments est bien placée pour le savoir, elle qui a dû au bout du compte décaisser des sommes bien plus élevées qu’attendu après avoir privilégié cette formule pour de nombreuses opérations.

Au début des années 2000, la Cour des comptes s’était déjà fendue d’un avis tranché sur la question. Près d’une décennie plus tard, l’économiste Jean-Marc Rombeaux (UCLouvain) signait une opinion dans la Libre Belgique qui remettait le couvert de manière très explicite, évoquant un mécanisme financier profitant au privé aux dépens des finances de l’Etat. L’économiste n’est pas n’importe qui puisqu’il travaille au sein de l’Union des villes et des communes et qu’il est expert à la fédération des CPAS.

Ces institutions sont justement amenées à se lancer dans la construction de nombreuses Maisons de Repos et de Soins (MRS) afin de répondre à l’inexorable vieillissement de la population. Pour les partisans du PPP, les CPAS (que l’on sait désargentés) constituent autant de proies faciles, mais les temps changent. De mieux en mieux formés, les gens à la tête de ces organes ne s’en laissent plus conter. En témoigne cette formation dispensée par la Cellule d’Information Financière (CIF) de la Région wallonne à propos de l’opérationnalisation de la formule du PPP pour le logement. Peu connu du grand public, cet organe poursuit des missions essentielles à la bonne santé financière pour le Gouvernement wallon et pour le Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles puisqu’il a acquis une belle expertise en matière de PPP. Une expérience dont il a fait bénéficier les mandataires publics et responsables financiers des administrations ce mercredi 30 novembre pendant deux heures. Deux heures, c’est sans doute encore insuffisant si l’on veut permettre à tout un chacun d’utiliser cette formule de manière plus encadrée, mais gageons que ce n’est là qu’un début. Et continuons le combat! 

 

Partager cet article:

Nos partenaires

GAimage