Archi-militant | Stage à pourvoir à la BCE: maçons bienvenus

Il y a un peu plus d’un mois, fidèle à une politique de communication qu’il décrit comme transparente, Stéphan Sonneville a lancé un communiqué dont l’intitulé ne laisse guère de doute à propos de la situation d’Atenor, mais aussi plus globalement, de tout le secteur du real estate: “MESURES ADAPTEES FACE A LA PERSISTANCE DE LA CRISE IMMOBILIERE”.

Dans ce communiqué, il y a de bonnes et de moins bonnes nouvelles. Ainsi, Atenor se voit notamment contraint de procéder à la “cession de différents projets (..) dans les conditions actuelles du marché, sans attendre la maximisation de la marge visée”. Dans ce même communiqué, Atenor envisage même d’être peut-être confronté à une cession “à perte” de certains de ses actifs. En d’autres termes, de devoir céder à “vil” prix des réalisations dont la valeur est clairement impactée par la crise. La faute à Sonneville qui n'a pas su guider sa barque? Sûrement pas. L'homme est doté d'un puissant sens des affaires et n'a pas son pareil pour se jouer des chausse-trapes du secteur. Ce n'est d'ailleurs pas pour rien qu'il a accédé à la présidence de l'UPSI tout récemment.

Alors, la faute au COVID? A Poutine? Un peu tout ça, mais aussi -et on n'en parle pas souvent- aux grands argentiers européens qui prétendent régler les problèmes économiques en jouant aux apprentis sorciers. Le problème? Des taux d'intérêt qui jouent au yoyo, sont aujourd'hui nettement plus hauts qu'hier, et rendent désormais la brique moins intéressante alors qu'elle était devenue la voie royale encore quelques mois plus tôt. Dans cette même communication d’Atenor, sans épingler directement les argentiers européens, les communicants d’Atenor soulignent tout de même que les investisseurs immobiliers sont en mode «wait & see» depuis juillet 2022, “en raison des événements macro-politiques et économiques et principalement en raison de la hausse très rapide des taux d’intérêt”.

On a déjà beaucoup glosé sur l’intérêt d’utiliser le levier dont dispose la BCE pour réguler l’économie, et même si les choses ne sont jamais simples lorsqu’on doit décider d’une politique économique, les détracteurs de ce système de soupape sont de plus en plus nombreux. Le hic, c’est que les argentiers européens ne semblent pas très conscients des réalités du terrain. Et persistent à considérer les choses d’un point de vue très macro-économique, trop même dirais-je.

Alors, je propose ceci: donnons une truelle à Madame Lagarde pour un petit stage d'immersion. Et confions le cockpit de la BCE aux maçons qui travaillent pour réaliser les constructions d’Atenor. Eux, au moins, ont conscience d’avoir un caddy à remplir toutes les semaines, une maison à rembourser, et  ce sens aigü du terrain qui manque cruellement aux décideurs européens.

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