Archi-militant : Vous choisissez le rhume ou le cancer?

Ces derniers jours, en Wallonie, on s’est mis à la recherche des responsables du désastre environnemental lié à la présence de produits chimiques per- et polyfluorés dans l’eau. Mais oui, vous savez, ces fameux PFAS, également appelés “polluants éternels”. Et je ne peux m’empêcher d’apporter quelques nuances (et même quelques corrections) dans ce débat passionné.

Tout d’abord, je tiens à souligner une désolante dichotomie relevée à l’occasion de ce scandale des PFAS. D'un côté, il y a les soins infinis que l'on prend pour construire durable, afin de protéger la santé et l'environnement. De l'autre, les risques insensés que certains font prendre à ces citoyens qui se croient à l'abri dans leur petit cocon, sans se douter de ce qui se trame au-dessus de leur tête, dans les arcanes du pouvoir. C'est que les PFAS sont comme les lobbyistes : ils sont sournois et s'infiltrent partout. Dans l'eau du robinet, ça on le savait déjà. On a dit aussi qu’ils sont également présents dans les œufs de nos poulaillers et dans les légumes cultivés dans nos petits lopins bio. Mais ce que l'on sait moins, et ce qui ajoute à l'absurde, c'est que ces PFAS sont très proches de nous, dans les équipements que nous utilisons au quotidien à l'intérieur même de nos bâtisses. Sur nos chaussures de randonnée que nous imperméabilisons soigneusement à l'approche de l'automne à grands coups de bombe imperméabilisante ; ou dans les poêles à frire miraculeuses auxquelles aucun aliment n'adhère.

Bien sûr, les PFAS ont parfois une utilité plus évidente. Ils permettent ainsi d'éviter que vos câbles électriques ne mettent le feu à votre lit ou à votre cuisine, ce qui est –reconnaissons-le– infiniment plus utile qu'une crêpe collée au fond de votre poêle. Mais, même dans le cas des câbles que l'on utilise évidemment à tour de bras dans la construction, des alternatives sans halogènes sont proposées. A ce jour, je n’ai rien trouvé de pareil pour mes chaussures de randonnée. Ni pour ma poêle Tefal anti-adhésive. Je ne suis pas ingénieur, mais ça ne me semble pourtant pas insurmontable, que diable. En réalité, le problème ne vient sans doute pas (que) des entreprises chimiques. La vraie plaie, dans cette histoire, ce sont les lobbyistes, ces organismes toxiques qui vous retournent la tête à coup de sophismes et d'arguments scientifiques foireux. Et qui polluent de leur présence les lieux de décision, et en particulier les organes de décision européens.

Alors, au lieu de se concentrer sur l'interdiction des PFAS, pourquoi ne pas agir à la source? Pourquoi n'inscririons-nous pas à l'index les lobbyistes qui travaillent à Bruxelles ? Pourquoi ne pas interdire cette profession nuisible qui désinforme plus qu’elle n’informe? Bien sûr, j’entends déjà certains dire que le lobbying n’est rien d’autre qu’une manière très directe d’informer des personnes dont ce n’est pas le métier à propos de sujets trèèèès compliqués. Et gnagnagni et gnagnagna. C’est vrai qu’à ma connaissance, on trouve peu de docteurs en chimie dans les travées du Parlement européen et chez les commissaires. Mais franchement, posons-nous la question : les politiques européens sont-ils à ce point cons qu’ils ne pourraient faire la différence entre un rhume et un cancer ou un dérèglement hormonal ? Je pense que non. A contrario, je pense que le fait de les inviter dans un resto étoilé pour se faire expliquer l’innocuité de ces fameux PFAS les transformerait en parlementaire “prêt à tout gober”.

Bref, pour terminer sur une note un peu moins vindicative, je propose de sauver des lobbyistes que je veux envoyer brûler en enfer en leur proposant une reconversion dans un métier bien dans leurs cordes : lobbyiste pour l’isolation, les matériaux à bilan CO2 neutre ou à bilan CO2 négatif, pour l’écoconstruction, etc. Cela permettrait assurément de rendre plus exploitables et plus efficients les énormes efforts entrepris pour construire des logements qui protègent à la fois notre santé et notre environnement.

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