Bezannes Esperanto® : 5 maisons, 5 continents, 5 architectes !

En France, dans la région de Reims, le groupe immobilier Plurial Novilia a récemment inauguré Bezannes Esperanto®, dans le cadre du projet Konekti : 5 maisons innovantes représentant les 5 continents, chacune étant conçue par un bureau d’architecture différent. Ces maisons viennent étoffer un projet immobilier original qui se composait déjà deux maisons connectées, de trois immeubles collectifs comprenant 53 logements locatifs, et d’un jardin thérapeutique.

 

Dès son démarrage en 2015, le projet Bezannes Esperanto® s’est fait remarquer par son caractère particulier et insolite. On peut depuis affirmer que les 5 maisons conçues, qui s’inscrivent dans le projet immobilier global Konekti, réinventent l’habitat social au cœur des villes. La réflexion de base ayant porté chaque projet est une réflexion élargie autour de la manière dont cultures et traditions viennent enrichir l’habitat au quotidien. Chaque architecte a ensuite conçu ‘sa’ maison avec son vécu et celui de son pays d’origine, même s’il vit et travaille - parfois depuis longtemps - en France. Et Plurial Novilia a coordonné les échanges entre tous les architectes.

Maison Europe

Raphaël Ricote, architecte au sein du bureau AREP : « Nous nous sommes attachés à créer une maison qui puisse s’adapter à la pluralité des usages et des façons de vivre de tous les européens, mais qui puisse également évoluer dans le temps afin de répondre au mieux aux attentes des familles qui vont venir y vivre. Nous avons organisé la maison autour de deux espaces. Le premier, au rez-de-chaussée, comprend une unité de vie autonome. Il permet de multiplier les usages, d’accueillir un étudiant, un proche parent ou devenir un lieu de travail. Autonome et isolé, il peut fonctionner comme un prolongement de la maison ou comme une entité en soi, avec une certaine indépendance vis-à-vis de l’espace principal au niveau supérieur. Le deuxième espace s’organise à l’étage autour d’une terrasse centrale, un patio conçu comme un espace supplémentaire pour les résidents. Il est directement lié aux différents espaces de vie et offre une certaine intimité vis-à-vis du parc tout en offrant des vues privilégiées sur celui-ci. L’agencement des lieux de vie de cet étage fait la part belle à la modularité et à l’adaptation aux besoins en permettant des agencements divers : grande chambre pour deux enfants, espaces de travail, chambres individuelles, espace de jeux et de loisirs. »

Issue d’une vision originale, cette maison contemporaine se caractérise avant tout par l’emploi de matériaux simples – bois et verre - dépourvus d’ornementation ainsi que par des volumes épurés à la géométrie simple. La maison est reliée à l’extérieur dans un rapport original avec le terrain et l’environnement naturel, jardin, terrasses, patios, toit plats, parties en porte-à-faux, jeux d’espaces extérieurs couverts et découverts.

Maison Afrique

Tarik Oualalou, associé au sein du bureau Oualalou+Choi : « Mettre un continent dans une maison est un sujet compliqué qui ne peut se résumer à rechercher le plus petit commun dénominateur, dans un océan de diversité́, de cultures et de traditions très différentes. Nous avons approché ce projet par deux entrées qui traversent le continent. La première est celle de la matérialité et de la matière. Sensuelle, épaisse, primitive, brutale, agrégée, la matière est en Afrique le cœur de la présence architecturale. En faisant le choix de construire cette maison en terre mais avec des technologies contemporaines, nous inscrivons le projet dans une histoire et une trajectoire constructive qui va de l’Afrique du Nord au pays des grands Lacs mais qui est à chaque fois interprétée différemment. C’est ensuite par la recherche d’une expression du rapport de chaque partie au tout, et du tout à chaque partie, que le projet raconte l’Afrique. Par superposition, agrégation, empilement, articulation. La maison est faite d’une multitude de volumes dont chacun ne porte qu’une valeur d’usage. Ainsi la maison devient un village, et le village devient une maison. »

Maison Asie

Jean Robert Mazaud, architecte associé chez S’Pace : « De sa conception à sa réalisation et à son usage, la maison asiatique ne peut être qu’harmonie avec l’univers par sa relation au soleil, à la pluie et au vent. Elle propose de vivre avec et dans la nature, d’être bien avec les autres tout en préservant le bien-être de l’individu. Nous avons souhaité trouver le juste équilibre entre les espaces publics (ma ville), le voisinage (ma résidence), le chez soi (mon foyer) et l’en soi (ma cabane). La maison utilise la richesse des opposés : la lumière et l’ombre, le construit et le naturel, la rusticité́ et le high-tech. Tout ici participe au respect mutuel de l’homme et de son environnement, en s’orientant vers la préservation des ressources naturelles dans le choix des matériaux et la gestion de l’eau et de l’énergie. »

Maison Océanie

Thierry Lacoste, associé au sein du bureau Lacoste + Stevenson : « Malgré l’étendue de l’Océanie, la maison évoque une atmosphère commune aux diverses architectures vernaculaires de ce continent. La Maison Océanie rappelle l’insularité du continent auquel elle se réfère. Un jardin occupe la majeure partie de la parcelle. La Maison est compacte et isolée au milieu de ce jardin. Les ouvertures sont orientées de manière à satisfaire l’intimité de la maison. La présence d’espaces verts aide à maintenir aussi une certaine distance entre les espaces publics et privés. Par ailleurs, la maison se développe autour d’un patio à l’abri des regards. Les matériaux et les méthodes de construction utilises sont écologiques et durables. La structure est en bois. Les murs sont construits en béton de chanvre, matériau entièrement naturel, très isolant et recyclable. Le béton de chanvre rappelle admirablement la terre rouge australienne tout en combinant les qualités d’isolation requises pour le climat champenois beaucoup plus froid que le climat océanien. »

Maison Amérique

Frédéric Coqueret, architecte associé chez BLP Architectes associés : « Il s’agit d’une maison dans une maison, une enceinte ouverte qui cadre sur le paysage et sur les alentours. Les limites intérieures/extérieures de la maison sont déconstruites et se spatialisent sur le jardin. La maison reprend à la fois la richesse et la complexité spatiale des villes d’Amérique Latine, où l’espace public et l’espace domestique se mélangent fortement. Ainsi, nous avons créé un dispositif de murs, d’ouvertures, et d’escaliers qui permettent à l’habitant de vivre sa maison dans un rapport entre l’extérieur et l’intérieur, différent des maisons traditionnelles européennes. »

Un résultat étonnamment cohérent

En Flandre, on est parfois frappé de voir cohabiter dans une même rue des maisons visuellement très hétérogènes. Le résultat à la fois d’un manque de vision urbanistique et d’envies esthétiques très hétéroclites (et discutables) des maîtres d’ouvrage et/ou des architectes. On aurait pu croire qu’à Bezannes, le résultat serait identique et visuellement peu attirant. Mais c’est tout le contraire qui se produit, malgré les différents matériaux utilisés, les différentes fonctionnalités et les aménagements spécifiques. Comme l’explique Frédéric Coqueret, « Le fait de travailler avec des maîtrises d’ouvrage de divers continents nous a permis de prendre conscience de la spécificité et de l’importance du contexte sur l’organisation spatiale, les différences culturelles, et leurs répercussions sur l’habitat. »

Le projet Bezannes Esperanto® n’est sans doute pas reproductible en l’état, mais il ouvre néanmoins d’intéressantes perspectives pour Plurial Novilia, notamment en termes de dispositifs techniques, de matériaux et d’agencements originaux. Comme l’affirme Jean-Claude Walterspieler, président du groupe immobilier : « La force de ce projet, c’est son audace, son innovation et sa cohérence. Konekti, c’est l’habitat de demain décliné de différentes manières mais dans une vision commune, mise au service des problématiques actuelles rencontrées par les collectivités. »

 

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