La Chaufferie : un nouvel écrin pour le design à Charleroi

La Chaufferie actuelle

L’ancienne chaufferie de l’Université du Travail, bâtiment construit au début du XXe siècle et inutilisé depuis la fin de ce même siècle, va enfin revivre. Après d’importants travaux de réhabilitation, Design Innovation, le centre de compétence wallon lié au design, s’y installera.

La réhabilitation de Charleroi continue son petit bonhomme de chemin. Reconversion du bâtiment Zénobe Gramme, rénovation énergétique du BPS 22, développement de la Cité des Métiers, c’est une nouvelle vie et même une résurrection qui s’annonce pour l’esplanade de l’Université du Travail, qui deviendra à terme un véritable Campus des Sciences, des Arts et des Métiers.

Dans ce nouveau lieu; Design Innovation pourra concrétiser davantage la plus-value du design et rendre accessibles ses méthodes, outils et réalisations à tous les usagers, offrant ainsi tous les services attendus d'un outil de pointe.

 

Un bâtiment fonctionnel et des espaces publics

Bernard Deffet, architecte-fondateur du bureau Baumans-Deffet, en charge de la réhabilitation de la Chaufferie, nous explique plus en détails les modifications que subira le bâtiment existant : « Le bâtiment disposera de deux entrées qui se rejoindront naturellement dans l’espace d’accueil et d’information. Une entrée ‘haute’, déjà existante, assurera la connexion avec le campus de Charleroi, alors qu’une nouvelle entrée (‘basse’) fera le lien entre la rue de la Broucheterre et le niveau R-1 au moyen d’un escalier extérieur. Sur une superficie de 220 m2, le grand espace du niveau R-0, ouvert et d’une grande facilité d’utilisation, accueillera les expositions et les événements liés à Design Innovation. Sur une superficie identique, au niveau R+2, le grand espace disponible sera dédié à l’alimentaire, à la détente et aux rencontres plus informelles. Il sera prolongé vers une extension vitrée créée grâce à la démolition d’un petit volume annexe. Le prolongement de la cage d’escalier existante jusqu’au R+2 fera la connexion entre les deux espaces publics et assurera ainsi la circulation verticale principale au sein du bâtiment. » 

 

Espaces administratifs, bureaux, salles de formation et ateliers

Le niveau R+1 accueillera les bureaux du personnel et les espaces administratifs. Ceux-ci, perchés dans les structures existantes, seront réalisées en structure légère et ne nécessiteront aucun renforcement des structures en place. Leur position dans l’espace garantira les prises de lumière et de ventilation naturelle. Les niveaux de transparence offriront les contacts visuels recherchés (en ce compris les vues sur les structures existantes). La majorité des salles de formation seront réunies au niveau R-1, profitant de hauteurs sous plafonds « classiques » qui facilitent la mise en place des cloisonnements et des éléments liés aux conforts thermique et acoustique.

Les ateliers seront positionnés en périphérie des grands espaces centraux. « Cette relative mise à distance se justifie par l’importance à accorder à la bonne gestion de l’isolation acoustique de ces espaces, dont l’utilisation pourrait générer un niveau de bruit plus ou moins important », explique encore Bernard Deffet.

 

Une nouvelle construction

L’auditoire, une salle de formation ainsi que l’extension de la cafétéria feront l’objet d’une nouvelle construction au niveau de la toiture du R+2. Pour Bernard Deffet, « ce nouveau volume, rythmé, propose un contraste évident avec les caractéristiques construites du volume en place, renforçant ainsi sa présence. La perception de l’ensemble est actualisée. La maîtrise des paramètres constructifs de cette extension offrira toutes les possibilités d’une parfaite maîtrise des absorbants et cloisonnements acoustiques, fixes ou mobiles ainsi que thermiques. »

 

Esthétique et technique

Les responsables du projet ont opté pour une rentabilisation maximale de la force esthétique du bâtiment existant. Dans la mesure du possible, les revêtements (sols/murs), textures et tonalités en place seront préservés. Ces traces de l’histoire du lieu seront mises en évidence grâce à des interventions nouvelles, liées à des traitements de surfaces, à des éléments construits plus imposants ou à la mise en place de mobiliers spécifiques, intégrés ou mobiles.

Le respect des normes en vigueur impose la réalisation de diverses interventions, notamment l’application d’une peinture RF sur la structure métallique portante et la sécurisation de l’ensemble des garde-corps existants.

 

La force esthétique de l’ensemble réside essentiellement dans la manière dont le bâtiment accusera un dénivelé de 12 mètres entre la rue en contrebas et les espaces publics en devenir. Une rehausse franche opèrera le lien visuel entre les deux façades principales du bâtiment. Son matériau de parement, un métal déployé en aluminium laqué gris anthracite, est l’unique matériau utilisé pour réaliser l’ensemble des interventions projetées visibles de l’extérieur (grille de l’entrée basse, garde-corps du nouvel escalier extérieur, bardage de la cage d’escalier extérieure existante, parement et brise-soleil de la rehausse). L’ensemble des menuiseries existantes est remplacée par des châssis et vitrages plus performants en terme de transmission de chaleur, d’étanchéité à l’air, d’acoustique et de résistance mécanique.

D’un point de vue technique, l’air et les énergies sont distribués verticalement dans tout le bâtiment depuis les locaux techniques principaux situés en toiture. Cette colonne vertébrale technique, dimensionnée avec une réserve de 30% par rapport aux besoins initiaux, permet d’ajouter aisément des fonctions complémentaires. La distribution apparente permet d’adapter toutes les alimentations sans intervention significative sur les parachèvements.

L’enveloppe budgétaire disponible pour cette réhabilitation (4 986 309 €) représente environ 14% du budget global alloué par le FEDER pour l’ensemble du Campus.

Une visite de l'intérieur actuel de la Chaufferie ? C'est ici !

 

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