Le renouveau des immeubles Florair à Bruxelles (Atelier Kempe Thill | Canevas Architectes)

Au cœur de Jette, Bruxelles, les immeubles Florair 2 et 3, conçus par l'architecte Remy van der Looven en 1956, sont des joyaux architecturaux. Gérés par la SLRB, ces bâtiments emblématiques font l'objet d'une rénovation complexe, préservant leur héritage tout en répondant aux exigences modernes. Découvrons ce défi d'harmonie entre passé et présent.

Les deux immeubles d'appartements Florair 2 et 3 sont situés dans un cadre vallonné, semblable à un parc, dans le verdoyant quartier de Jette, dans la métropole bruxelloise. Le quartier environnant se caractérise par des îlots urbains de quatre étages en moyenne, un complexe sportif, et des rues larges ressemblant à des avenues bordées d'arbres imposants. L'ensemble Florair comprend quatre blocs résidentiels d'environ 100 mètres de long chacun, légèrement décalés, échelonnés le long de l'Avenue de Guillaume De Greef. Conçu par l'architecte Remy van der Looven en 1956, le complexe a été achevé au début des années 1960. Florair se distingue par son unité structurelle urbaine classique, une exception qui évite la monotonie des ensembles modernistes plus vastes.

Propriétaire et promoteur, la Société du Logement de la Région de Bruxelles-Capitale (SLRB), la plus grande entreprise de logement public de la métropole, en collaboration avec son département local, le Foyer Jettois. Le client reconnaissait les qualités architecturales des bâtiments existants et souhaitait les préserver ou les transposer adéquatement dans leur état rénové. Cependant, le budget disponible ne prévoyait que des dispositions pour l'entretien et une subvention limitée. Pour sélectionner une équipe de planification complète d'architectes et d'ingénieurs, la SLRB a organisé un concours remporté en 2014 par Atelier Kempe Thill en collaboration avec Canevas Architectes et Ingénieurs et le bureau d'ingénierie Greisch.

Architecture Artisanale

Les deux bâtiments Florair 2 et 3 abritent chacun environ quatre-vingt-dix appartements. Ils sont organisés selon le modèle de nombreux immeubles de logements sociaux bruxellois de l'époque : deux noyaux d'escalier par bâtiment, se rejoignant dans un hall d'entrée commun. Chaque noyau d'escalier donne accès à quatre appartements par étage, orientés d'un côté respectivement avec de vastes baies vitrées panoramiques. À l'intérieur des appartements, les pièces sont accessibles par un couloir reliant également salles de bains, toilettes et débarras.

La construction repose sur un squelette de supports en béton coulé en place, poutres et planchers. Ce squelette est rempli de parapets maçonnés sur lesquels les fenêtres sont montées. Les balcons sont également bordés de parapets en briques. La peau extérieure de la maçonnerie est composée d'éléments préfabriqués en béton, chacun ancré par deux renforts en acier dans la maçonnerie des parapets. Contrairement au modernisme plus industrialisé des années 1960 et 1970, d'un point de vue technique, le projet Florair est avant tout un bâtiment artisanal avec quelques composants industriels.

L'architecture est conçue dans l'esprit optimiste des années 1950 : des façades horizontales spacieuses et naturellement composées avec des fenêtres élégantes à cadre en acier, des éléments préfabriqués en béton, des carreaux partiellement colorés, un rez-de-chaussée en pierre bleue belge, et une entrée composée symétriquement, chacune avec un auvent spacieux évoquant les hôtels américains de l'époque. Même des œuvres d'art sont intégrées au rez-de-chaussée. De plus, les quatre bâtiments se différencient subtilement, tant dans leur structure de façade avec diverses saillies et retraits, balcons semi-loggia, etc., que dans leurs matériaux et couleurs.

Après plus de soixante ans, les bâtiments nécessitaient une rénovation. Certains éléments en béton s'étaient détachés, créant des situations dangereuses. En termes d'énergie et d'acoustique, les bâtiments étaient totalement inacceptables en raison des parapets non isolés, mais surtout en raison des fenêtres à châssis en acier avec des vitres simples.

Isolation Externe versus Qualités Existants La rénovation demandée par le client était initialement axée sur une amélioration énergétique des façades non isolées. Les fenêtres à simple vitrage devaient être remplacées par de nouvelles fenêtres à double vitrage. De plus, toutes les canalisations d'eau potable et d'eaux usées, la ventilation, les salles de bains et certaines cuisines devaient être renouvelées. Tout cela devait être réalisé en grande partie en état occupé, car il était impossible pour l'association de logement de vider les appartements et de reloger un si grand nombre de locataires.

Le point de départ pour l'isolation thermique était l'isolation externe, car l'isolation interne n'était pas réalisable en raison des ponts thermiques ingérables et de la nécessité de limiter au maximum les travaux de construction dans les appartements.

Source: Atelier Kempe Thill
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