La réglementation en sécurité incendie doit être davantage axée sur les résultats

Plus de 250 spécialistes du monde de la sécurité incendie se sont réunis le 20 novembre 2018 au Sheraton Brussels Airport Hotel pour le 5e Congrès Fireforum, afin de partager leurs expériences et d’étoffer leurs connaissances en matière de sécurité incendie. L’événement comportait 25 présentations d’experts spécialisés dans différentes disciplines de la sécurité incendie, ainsi qu’un débat passionnant sur la politique en matière de sécurité incendie, la gestion de la sécurité incendie et les responsabilités en matière de sécurité incendie dans les bâtiments résidentiels

 

Jan Jambon, ministre de la Sécurité et de l’Intérieur, a inauguré cette édition anniversaire du Congrès Fireforum. Dans son allocution, il est revenu sur la catastrophe de la Grenfell Tower à Londres et l’a mise en relation avec l’approche de la réglementation en Belgique. Les nouvelles lois et normes en matière de parkings souterrains et de sécurité incendie dans les écoles méritent toute notre attention. Ces questions ont également été abordées dans le cadre du Congrès Fireforum. « La sécurité incendie doit devenir un système à part entière, et non un enchevêtrement de techniques et d’initiatives individuelles », a conclu le ministre.

Une réglementation perçue positivement ou comme trop complexe ?

Au cours des différentes réunions parallèles organisées dans trois salles, des spécialistes ont examiné les nouvelles normes et lois du point de vue de leurs propre discipline (restructuration RGIE, adaptations de la réglementation incendie dans les garages souterrains, détection sans fil, etc.), mais ont aussi analysé les résultats les plus récents d’études scientifiques (importance des statistiques et des données pour l’investigation des incendies, information des pompiers au moyen du GIS) et les dernières techniques (détection sans fil, etc.) dans le domaine de la sécurité et de la prévention incendie.

Pour la première fois, Fireforum a organisé pendant ce congrès un débat axé sur trois piliers : réglementation (trop complexe), politique de gestion (défaillante ?) et responsabilités (confuses ?). L’accent n’était pas mis sur les aspects techniques, mais sur la politique en matière de sécurité incendie. Pendant le débat, les experts ont pu donner leur avis à diverses reprises au moyen de mini-sondages. La plupart des participants ont estimé que la réglementation prescriptive, jugée assez complexe, va dans le bon sens, mais qu’elle devrait être davantage axée sur les performances, en se basant sur la recherche et sur l’innovation.

Une réglementation plus stricte et plus transparente

Quant à la gestion de la sécurité incendie par les autorités locales, incarnée par le bourgmestre et mise en œuvre par les pompiers, elle gagnerait à être plus stricte, plus transparente et davantage étayée par les connaissances et l’expérience. La nécessité de disposer de plus de ressources utilisées à meilleur escient semble faire l’unanimité. L’un des points essentiels consiste à développer une culture de la sécurité (incendie) au moyen de la sensibilisation et de la formation auprès des propriétaires et des exploitants, qui sont trop souvent focalisés exclusivement sur les coûts. Ils doivent être assistés par des architectes et spécialistes qualifiés, qui comprennent l’essence de la législation et les risques. La gestion ne doit pas forcément être répressive. Elle peut également être utilisée à des fins de sensibilisation, dans un but utile.

En définitive, il est évident que la sécurité incendie d’un bâtiment relève de la responsabilité de chacun. Il ne s’agit pas de scinder les responsabilités, mais de les partager tout en privilégiant, une fois encore, les connaissances et l’expérience.

Source: Fireforum

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